Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

13G 1IISTOIIŒ SOCIAl,ISTF. Falloux rom ml' dc,·isc de son ministère. Il ne s·agit plus ~c-ulcment d'ordre matrricl; il faut moraliser, christianiser les foules, déraciner les hérésies socialrs qui ont germé dans les cerveaux . .\ cc bloc 1·éactio11nairc uni sous la bannière cléricale les républicains n'opposent pas une masse au.;si compacte. La peu,· du socialisme et le fossé rempli de sang par les journées de Juin coupent le parti en deux. Les nwdérés - qui croient an,ir réalisé tout le possible en proclamant le suffrage universel - sont t,·op démocrates pou,· le parti de l"ordre qui ne se souvient pas des ser\'ices rendus, trop bourgeois pour le peuple qui n·oublicpas les blessures re~·t1('S. 1.·he11rc de l1échéa11cc est venue pour les fautes qu'ils ont multipliées, et c·cst presque en dehors d'eux que s'oq::anise la défense de la République. 11 s·opère une triple réconciliation : des ou\'riers avec la petite bourgeoisie ,·adicalc: d<·s tra,·aillP111·sdes , illcs a,·c,· ceux. des campagnes: du proléta,·i?L ci,·il avec le proléta,·iat rnilitair<'. Il se forme de la sorte un pa1·ti nouveau. qui. scion l'roudho11, est le parti du Travail en face de celui du Capital, 1nais qui. moins ncllcrnrnt, s"appcllc lui-mèmc démocrate-socialiste. Le fangag-c populaire oppose les d<;mo,·-soc aux réac ou aristos. La République rouge, comme on dit encore. n désormais son programme. Lcdru-Hollin. dans le banquet du Chùlet qui eut lieu le ~2 septembre 181,8, annivc,·saire du jour natal de la première Hépublique, avait proclamé la nécessité de l"entente et en avait posé la base essentielle : réforme sociale, cornplément néccssai,·c de la réforme politique. !.'alliance. difficile i, con- ._•tur<·,se noue sous la prc~sion des érénemcnts. l.cbanquet du 24 Février 184H la tonsacrc et le Comité <lémocl'atc-socialistc de Paris résume en six articles les propositions que tout candidat doit accepter pou,· avoir son appui. Les trois premiers sont tout politiques et i11spi1·és par les préoccupations du moment; 1° La Hépubliquc est au-dessus du droit des majN·ités. 2° Les 1·cprësentants s'engagent ;1 donner l'exemple de la n_>sistanc<', si la Constitution est Yioléc. 3° !.'emploi des armes ~le la F,·ance contre la liberté d'un autr<· peuple est une ,·iolation de la Constitution; la France doit, au contraire. son concours aux peuples opprimés. Ces trois articles ré\1èlenl la défiance contre le pouvoir exécutif, l'Assemblée future et même contre le Suffrage universel. Les trois der11icrs ont un caractère social. 4° Bcconnaissance du droit au tra\·ail, qui est un moyen de combattre la ty1·annie du capital. ~> 0 ,::ducation obligatoire, gratuite et communl' pour tous les enfants. 6° 1-\eprisc du millia,·d accordé par la Restauration aux émigrés. - .\insi, <l'une part. appel éventuel à la fot'<'e. avertissement maladroit i, l'ennemi de se tenir sur ses gardes, et menace révolutionnai,·e inutile et mème dangereuse à brandir dans la lutte électorale; d'autre part, sauf &ur la question d'éducation, formule vague ou projet ayant un vilain air de représailles et peu de portée, à supposer qu'il fùt réalisable.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==