Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

114 lllS'fOIRI': SOCIALISTE ffrenl quo J)1·esq11t•1011sles hommes méditant nne candidature à la présidence se pro,rnn<·i•rt\nl po111· le 1'ystèmc qui c.lonnait le plus d'Rutorit~ ou futur chef do l'Elal. Cc fut le ,·as pou,· Cavaignac, Thiers, Lanial'tinc. Le dernier aborda de front une <f11Cstio11d,, pcrsonne,il laqudl,· chacun pensait, mais dont 011 ne pal'lait q1t(' 1>t11· nllusioni, voih~l'S. Tot'qurvillc- avnit invité. l'Assemblée à ne pn!'I;avoir peur d'un nom. Cü non;, l.amal'line lt• brandit <'l l'agito comme un chiffu11 de po1111)1•e qui ne serait qu'un l·pouva11tail. Pourquoi craindre un Nnpoléon? Pour exécuter n11 dix-huit Brumaire, il raut :\1arengo de,·ant el la Terreur derrière. • :\lais, ajoutc-t-il dans uu entrainant mouvement d'éloqucnec, <1uand même le pcuplP choisirait celui que ma 1névoyance. mal éclairée peut-t'•trr-, redouterait de lui voir rhoisi1·, n'importe. Aleajac/a est (le sort Cil est jeté)! Q,rn Dieu ot le peuple p1·ollonccnt ! Il faut laisser qllelque chose à la Providence.» .\près cet abnndoll fataliste, il se lflv<·les mnins ol so <·oosole pn1· a"nuco d(• en qui peul Hl'l'ÎVCI'. Tant pis pour le peuple, ~ïl est as~cz fou pour vouloir t1u·ou le- rami-ne aux carrières de la monnrchic ! Qunnl 111,xfolldalcur• do la Hépllbliquo, ils di1·onl avec los ,·aillrus de Tharsalo : Vit·1ri:,· ra11sa Diès pla1·11it. sed vicia ('atoni 1). L'effet du discours fut, pnrait-il, im11u~11sr.Il fit bi"au,·uup po111· dt'•dflc1·l'(•lcction du P..ésidont pa1· le 1rnuple et la mort du régime 1·épublicaill. Et l'on no peut s'empêcher de songer que PlalOll bannissait lrs pnùles de sa République on les co111·onnallldo flcuo·s; ot quo l'éloquonce ust ullO arme parfois terl'Îblement malfaisante, m~mc pour relui qui la manie. Cepcnclunl, des républicains plus avisés cssuiellt ollco1·0 do prévoni1• le péril si crùmenl dé\'oilé. ~lais les précautions <!'•'ils imaginent sont Yisiblement prises colltl'O un homme qu'elles go·nndisscnl par cela même. On pal'le d'exclure les descendants des familles qui ont régno sur la France: Tho111·etp1·oposo un amondcmenl Oil co sens. Louis Napoléon croit devoi,· paraitre à ln tribune; il y fait pièlrn figure: d'une voix hésitante cl pilleuse, il désavoue• cc nom d~ J)l'élendant <J11'onlui jette i, la ltlle •· T~ouret viont alors dire qu'en présence de celte déclaration. il relire son amendemonl. comme inutile. Co dédain pour un aclvo1·s11ircqui ,i'~lait pas orateur, pouvait être spirituel. Mais mioux ct\l ,·alu plus de bon sens cl moins d'esprit. Un amendement semblable esl soutenu p111•d'autres. Trop tard! Il est ,·epoussé à la p1·csque unanimité! Et o'esl le cas de 1·edil'C: Alea;acta 1'81 ! Thouret, avec uu regret qui ressemble fort à un remords, •c reprochera un joui• d'avoir tenu dans ses mains les cleslinées de ln Prance et de les a,•11ir laiasé rouler à l'abime. Cotte pr~cnullon, qui ei11pu <'Ireefficace, ~st alo1·sremplacée par d'autres, qui sont mesquines et illusoires. Le Président ,w se,·a rééligible qu'après une intervalle de quatre années. ~lais la Constitution eot-elle stlre de vivre

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