Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIHI·: SOCIALISTE Louis-Philippe cl pour rapporteur Qucnlin-Bauchart. un débutant <1ui esl alors l'homme-lige de son collègue cl compal1·io1c. C'c,l dire qu'elle rn èlre 1111 mcrn•illeu,. iuslrumenl de rancune C'I <le dCnigremcnL contre la Commi.ï- ,•don e.·1:èculive. le (;ouv<'rnement provisoire CL 1a Hé,·olution <le Fé,-ricr cllcmèmc, coupa bit" d'a,·oi,· étouffé ùans l1<L 1uf le rninistèn• Odilo11 Barrot. llaro d'abord sur les socialistes! A Proudhon un rolli-guc prête rcs paroles né1·011icnnC's, qur l'accusé a 1nai11trs foi~ dt·rnrntirs ,·ai11emcnt, à sa\'oir q uïl csl allé place de la Bast illc pour , oir de prè, , la terrible et su bli m(' horreur de la ranonnadc.,,, On se borne it ,01iloir le tuer moralement. :\lais il faut lucr politiquement Louis Blanc. Il ne peut ,\trr ac·cusé d'arni,· 1,·cmpé dans J1inh.urrcclion. On ne peut relever conlrC' lui q11<' l'élastique gric-f de t·ornpli(·ité morale .. \lol'S on se ,·abat sur le 1.3mai. Odilon Barrot s'csl fl\oué convaincu que Louis Blanc n'a pas mis le pied ,·c jour-là ù r11111el de \ïlle. L'Assemblée s'csl déjà prononcée une fois ù cc sujet: C'llc a refusl· l'autorisation de poursuiles. Eh bien·! elle en scrn quille po111·se déju~('r ! Dans une ~éancc d(• nui t,qui se prolong(' jlÎsqu "à si, heure~ et quart c.111 mat in, sur un réc1ui- ~itoirc du procureur gl•néral, jeté soudaiucmenl dans la dis"ussion. aprè~ une inlcrH·ntion dt~cisi\(~ de :\laric et de Ca\'aiguac, sans prrovc· auc1111('. il ,•st li Hé à cc qu·on appelle la ju,lice. ~lais personne ne se fait illusion. Char un sait qu'on poursuit <'11 sa pcrsonn<' une docl1·inc, u11copi11ion, une tendance. C'est le soc·ialismc que l'on mcl hors la loi. Puis, ,1 icnt le lourde CaussidiCrc. Cc {tue l'on veut allC"idrc ('11 celui-ci. re sont I('< Socil'lés secrètes. Le temps n'est plus il mie a,·ec une 1·:ipidité ,('rtiginC"usc en rcttc année 18118 oll la bourg<"oi~ie lui sa,ait g-rt· d":n-oir s foire de l'ord1·c tl\'CC du désord1·e. Son nom a été in,·oquc..' par de~ in~111·gt's. Crime :,uffisant ! On veut bien lui t'ptrgncr le Conseil de gurrrc en lïnnot.·cntanl des journt~cs dr juin; mais il sera poursuivi pour le 1,j ~lai, <1uoiq11e absous de cc chef une fois déji1. C'en csl fail rie deu" ach·ersnircs gê11a111s. I.e gouYernemenl laissera passer en .\nglctcrrc, d'oll ils ne r<',iendro11t plus, rcs deux victimes d'un ostracisme rcnou,·clé des Crees. On s'auaqu<' en même Lemps i, Lcdru-Hollin. :\lais il fail tète: il replace nellemenl celle cnqut'l,• politique sur le Lerrain politiqu<'; il la di•noncc comme une revanche de la monarchie déchue con Ire la Hépublique: • Cesl la représentation nationale qu'il s'agit de satl\'er: rar. ut:r fois la Gssure o~vc1·te, on ne sait quelles mains ,·iolentcs pourraient l'cntr'ou\'rii-, la déchirer. ponr y jeter l'.\ssembléc toute entière,. Surtout il se contente dr rérlnmcr des institutions sociales qui ne touchent point à l'orgnnisation dt; la société. On sent derrière lui une bonne partie de la petite bourgeoisie. On n'ose pas lui donner une place dans 1,, charrellc des condamnés. ;\lais le parti réactionnaire a réussi au-dclit de SC!lespérlln('es. Lrs différents groupes, les principaux chefs du parti ré1>uhlicain ont cl,\ ,·enir se défendre par-de,ant ceux mèmes qu'ils ont chassés du pou\'OÎr; ils ont d1) consentir que leurs domiciles rossent ,·iolés, leurs papie1s saisis; sous le sourire narquois de

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