98 lllSTOIHE SOCL\LlSTE demandait que le discours ne fut pas inséré au Jfonüear, el que les journaux qui oseraient le l'Cproduirc fûsscnt poursuivis; 1111 autre proposait ce chàtimenl méprisant, la qucslion préalable; el cela sans compter ceux <fllC le président n'osa p1 ss li,·e. Enfin l'on s'accorda pour revote de flétrissure: c 1. Assemblée nationale - <'Onsi<lérant que la propo~ition du citoyen Proudhon esl uut:>at1a<1ue o<licusc aux principes de la morale publique; ,,u·elle dole la propriété; qu'elle euC'ouragc la dClation: 1.1u die fait appel aux plus maurniscs passions-considérant en outre que roratcur a calomuit: la Hé,·olution de fénirr 18'-8 en la rendant complie<' des tht~orics ,1u il a d~,•cloppt:es - passe à l'ordre du jour. " Celle cxco111111unicalion majeure fut· ,·otéc par Gnl voix contre 2. Proudhon fut condamné par lous ses colkgues, excepté par l'ouvrier lyonnais G1·eppo. ~on scu)crncnl les ,r.ontagnards Jll'éscnts, mais les socialistes Louis Blunc et Considérant se prononcèrent contre lui. En fut-il füché :• Il est permis d'en doutrr, si l'on en juge par la fa~on dont il décrit le déchainement ~ont il fut l'objet: • Je dc\'ins •.. l'liomme-te,·reur ... J'ai Jlt.: pn'·ché, joué. chansonné, placard(', biographi<_:, caricaturé, bl,lmé, outragé, maudit, j'ai été signalé au méprit:; et à la haine, lin-é à ht justice pa1· mes collègues, acculé, jug(!, conclam11é par eeux qui m'arnien1 donné mandat, 8u~pccl à mes ami::. politiques, C'spionné par me:- collaborateurs, dénon<'é par mes adhérents, rcuit' par mes coreligionuaircs. Les dé,·ots m'ont menacé, (lans des lettres anonymes, de la colè,·c de Dieu; les femmes pieuses m'ont e1woyé des médailles- bénites: les prostitur<'i CLles forçats m'ont adressé des félicitatious dont 1 ironie oh~c~ne tt!moignait des 1;garcmcnts de l'opinion. Des p~titions sont parYcnucs à l'.\sscmblc.:t Xalionale pour dcinanclc1· mon expulsion comme inJignc--. , Ou je me trompe fort ou une joie secrète se trahit dans cette fanfare. Quel fut toutefois le résullat immédiat de cette séance fameuse où Proudhon avait voulu parler par les fenêtres du Palais-Bourbon:> Le socialisme y était apparu agressif, menaçant, sonnant l'hallali de la classe bourgeoise. Cc fut le socialisme conciliant, pacifique, croyanl encore à la rollaboralion des classes dans une réforme de la société, qui paya pour les bravades et les inlempéranccs de ce frCre jumeau. Tandis qt1e Proudhon demeurait dans la situation contradictoil'c oi1 il s'était toujours complu « abattant les choses cl les hommes comme dPs quilles, sans cricl' gare », Le1·1·cu1d·es boJ.Jrgcois et fléau des socialistes, four11lssanl des a•·mcs aux premiers cl suscitant aux autres des ennemis pal' l'oulrancc de ses pa,·olcs, l'Assemblée se p1·éparail ù sabrer tous ceux en qui fermentait, peu ou prou, 1e lc\'ain ré,olutionnairc. La majorité, qui se dit encore cl qui se croit peut-~tre l'êpublicaine, a eu la sollise de nommer, Je 26 Juin, dans l'affolement du combat, une Commission cbal'gée de recherchcl', par voie d'enquête et par tous autres moyens, les causes des journées de juin cl de !'attentai du 13 ?\lai. Elle lui a confé,·é pleins pouvoil's pour faire comparaitl'e dcrant elle les pcl'Sonncs ou pour se faire délivrer toutes les pièces qui pounont la renseigner. La Conlmissio11, composée de quinze membres qui ont été nommés dans le hui1-clo1 des burcaux,a pris pour président Odilon Barrot, le dernier minislre choisi par
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