Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

IIISTOIHE SOCI.\LISTI; Jes \·illcs pour n1a,,oir plus à payer la taxe de:, ptnn-rf':;, cl rernphH;anl h· labnu1 par les ptlluragcs afin de fournir dr la laine à rr":. manuractul'l'., dt>L,,:;li!t•,;, )lais revenons en Franc!:', où tant de lrislcsst':-, 1rn11:-, all(•rull'nt. l.,•s ouvri,,rs y tra,·aillcnl de toutes leurs forces, cl au-dclù clr !Pur-; forrP-,. Ht>~·oin'nl-iJ_., au moins un salaire suffisant ? Dans l'industrie textili\ lt• salairP 1110ypn •le l'hornmr c:-;lde deux francs par jour pour l'hornrn(\ d'un fr,1nc pour la f1'11llnt\ tl,• '1.) rrnlim('S pour les enfants au-dessous de douze ans, et de ï::,trnliro('-, pour Jp,; rnfant.s de douze à seize ans. Les salaires, pour l'hommr s·(>lè,·cnt ju-..q111' ,·p1-.., l\îg<' d1" trente ans, mais après trente-cinq cl quarante ans il~ bai-;sC'nt louJoUl':-i : hiPn qu'ils bai ..i.;;cnt·«dans une progression plu~ lcnlc qul' C'c-11d,\r leur aerroi ....,rnwnt », on con,tate ici la rapide usure de la force humaine. Si l'on réunit cnsrrnblc les salariés <le l'in<lustriP et dC' l'agrirultur·i~ sur la base de 260 jot1rnées par an,on ob_tient une journée moycnnr <lt• 1 rr. :{K, <'P qui porte le gain d'un ménage où l'homme eL la femme travaillent à \ïï francs par an. ~lais ers chirfrcs sont une moyrnnc, cl il y a autant dtl margr rn tli•r;ù ,p,'au d,•lù. C'est ainsi qu'en 1S..1G encore,(( braucoup d11lnfants ne rrren.lie1ll pas plus d1• :-;i'\: sou;; par jour,,, el qur,(( dan-; lt'"I eampag1ws, trf•ntr-cinq à trenlt•-six :-.ol1st'>tai<•Inll' maximum du gain des ti:;.:.crands à la main. au liru <le d1•ux rranrs commP en 18.'Vi, ou dt• trois francs eomnw en 1821. )} Dan ... S<.'11 rapport sur ll'":i produits dPstinés it l'Exposilion de ld'Vi. ltl ju1·y d,>. partrmf•ntal du l laut-Hhin avouP un salaire moyrn tle l rr. ';,ï 1 :; pür jour .. \lais il n'a pas comprb dans t-on l•,·alualion les t..'nfanls cl les j{'Ufü's g-1.'lh qui gagnent : les bohinrur-:,:.,35 cenlimes; le:; rallaehrurs de 50 rentimc-, ù 1 frane par jour. l.a moycnnr Rl'néralc doit donc êlr<' abai~séC' de :JO.\ 15 ccntinws par jour. t · n tableau statistique des ouvrie~ d'une grande manufat·lure du 11aut-Hhin l'tablil, l'll rrrPL, qu<' le i;alail'(' moy<'n dans le~ah 1liers de filature ,..st, en 18.'U<le l fr. O'? CPntirncs par jour. \ïlli.•r1né, ùc son eôté, déclarC' qi.1(' « la moyf1nnc du ~alai1\' a l;lf'>, pour tuu::t lt•~ ouvriers d'une grande manufacture cl 1.\.lsace, <le ï3 centimes en UH2. ►) Il ajouto que dans la même rtgion « lrcnle cinq mille ou,-ricrs, dont une /orle partie répandue dans la campagne ne tisse que par intervalles ... ; rccc,·aicnL 't.823.000 francs ... ;ehacun de ces ou,-r·ie~ touchait à peu près 138 francs par an, ou 1 t6 ccnlinws par jour.11 Ces chiffre~ sont sensiblemcnl les m.êmes que ceux de Burel dan ...~on livre sur la Jlisère des classes laborieuses en .lngleterre et en France. • Il e,t prouv,', dit-il, que 1c traYail de quinze à seize hC'urc'.)par jour ne perrncl pas à Ja grandp majorité des paunes ouvriers tisserands de gagner plus de 1 franc; le no111hr,' de ceux donl le :;alaire esl au•dessous csl plus grand assurément que Ir nombrè de ceux qui ont le bonheur de l'atteindre. A ~lulhausen (~lulhouse), à Troyes, un tisserand ne gagne sou,•enL que soixante centimes par jour. » Tous les patrons ne gémissent pas, comme ceux de ~lulhouse, de l'atroce situation faite aux ouvriers par des conditions d'existence au"-Si.. misérables. • M. Jourdan-füboulcau, nous ùil 13urct, m'apprend~que, pendant les embarras commerciaux qui onl suh·i la:révolution de juillet. les salaires ont varié t'nviron

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