570 IIISTOIRE SOCI.\LISTE Lrt. lrOUJX' e4 d,-\.;ori('nLl-~, S3.n'i .ordres, laic;Q.éf'\ à ~on inspiration. Ici, rlle ré• sisle 11uxinsur!(i•s; là elle fralernise avec eux. Duve,i:ier rle llauranne el R~rnu- ,al ont vu, sur lu place de la Concorde, les soldats offrir leurs armes au peuple. Ils rour,•nl aux Tuileries annonrn ce Msastre. La roi dèj 'unail. Il se lève de l:ible, passe son unilormc, mo11ll• à cheval el passe en revue les lroupes massées dans la cour ,lu p,llai,. A ces troupes se sonl oinls deux balaillons de ln garde nationale. L'un d',·ux rri,· : Vive la Réforme Le roi comprend alors qu'il esl abandonné par la boutique. li rentre désespéré. Lt•s messagers de mauvaises I\Ouvelles se succèdcnl auprès de lui. L'un lui apprend que l'Ecole polytechnique esl avec le peuple et dirige la construction des barricades, un autre que la garde nationale toul entière est gagnée à l'insurrection, un autre que la troupe livre partout ses armes cl ses cartouches. Il peul entendre le bruil de la fusillade, à présent Il p~ul voir l'avant-garde de l'insurrection lançanl ses éclaireurs sur la place du Carrousel. Louis-Philippe a dévêtu son uniforme. En dépouillanl l'insigne de la force, il a pris la résolution de résigner un pouvoir que la lorce ne soulienl plus. Il signe son abdication, lègue la tâche à son pefü-fils, le comte de Paris ; appuyé sur 1,• bras de ~tarie-Amélie, il traverse le jardin des Tuileries cl entouré d'un dernier groupe de fidèles, gagne la place de la Con orde. Un régiment de cuirassiers l'entoure. Mais la Ioule n'est pas hostile. • Qu'il parle •• criel-On! dr toutes parts. Et on s'écarlo pl)ur laisser pa•SPr le fiacre dans lequel montent le "ieux roi el sa femme. La suite s'entasse dans un autre fiacre el dans un cabriolel, rl la monarchie de Juillet s'en va, dans ce mince équipage, jusqu'à Saint-Cloud, d'où un omnibus la traMporte provisoirement à Trianon. Laissons s'en aller celui qui la repré enta finir en exil une existence publique commencée dans l'émigration. Laissons le roi de la quasi-légitimité porter sa méditation sur la terre étrangère où repose en l'allendanl le dernier roi légitime. Il n'emporte pas av'c lui la puissance sociale el politiqu~ de ln bourgt>oisie, el elh s1u ·a, forto tl' l'i~noranec d ,s misses el de leur pli de servitude non encore ef!1cé, L1urner OQOtreleur lib,rl 0 l'inslrum'nl de lih)rlé que les plus hardis el les plu, co,se,,nt, ,(',nlr• rll,·, onl nn (l•is d'un ~este révolutionnaire, el la lui arrachr r. fi apparticnl à ù'.1ulres de dira comm•nl ful d<'!çucl ajourn,1 l'immense esp)ir ,J,, prol•'lart,,l. '.'I 1ton'! seulcm •nl 'lu'au poinl d'M11cation civique el sociale où le surprit une révolution faite par m<gar.le, il élail hors d'étal de con!l<'rver une conquête qui lui avail si peu roùt6, el qu'un évfnemenl d'apparence miraculeuse mslt,1it inopinJm~nl entre,.,, 11nin,, ou pl11lôl sur ses bras. Oire que cett..1con'l,,êtr ne lui a p.1 coillù sQn prix, c,, n'Psl pas raire injul'l) au prol~tariat, ni ·n ': ll'\ 1ilr,i le Sl'l{ pr,".i•111~ v •r,' p1ur ell, d •s barri,'a,les Je ju illct tl\.10 à févri •r l~B. el t(rynl la trainée , · continue de Lyon à S.1inL-\ferri, de TransnonAin nu mass1rre des mineurs ,ln la Loir<',en dru:< courants parfois rapprochés, point "ncore confondus : celui qui coule pour la libt>rltl, celui qui coule pour le
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