Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

IIISTOJHE SUCL\LISTE ---------------------- pourrail h·s ,·,·rnbour:-,err,rs drux ccnls millions porlanl la dcUc flotlanlc aux t1 n,·irons du ,nilliarcl : (IX3Clt:'mcnt à nruf <·rnl einquanlr millions. Tocque,·illc porte l'atlaquc sur l'im,noralilf o,·ganique du règimc. li s'empare de l'éll'clion Hichemond de Brus. <1u'on virnt de rnlider, cl. du scandale Petit, qu'on \'Îent d'absoudrt:>l.i apporte à ces C'mmurés,sourds aux rumeurs du dehors. l'écho des huées d11faubourg Saint-Antoine, li s·agit bien d'émcutcsJque la forer militaire peul réprimer, leur dit-il. Et il leur montre que la~révolte est dans les consciences, la rénJlution dans les esprits. Pâlr <•t la têlë rC>nverséc:,;ans un l1·e'-Saillernenl,ne vivant que par les yeux, qui montrent plus d<' fur·c11rque dr honte, Guizot écoule ce premier son du tocsin révolutionnaire. l'as plus qu'à Tocque,·ille, il ne répond à 13illault, qui dresse le bilan du désastrr moral sous lequel tout /roule. JI ne sort de son immobilité qlré pour_défcndr<', de la ·manière que nous (avons vue au clrapilrr précédent, sa politique d'alliance docile aw,· ~lettcrnich, la politique de réaction internationale du ,·i('ux roi entêté. CcUe discussion est passionnément sui,·ie par les clrancellerirs. Palrn,•rslon fait des vœux ardents pour le ren\'erscrnent de Guizot, taudis que ~lrllrrnich ne so tieut pas dr dire : • S'il tombe, nou!; somrn('S tous prrdus ! • C'c 1sl bien, en effet, le combat du libéralisme et de l'absolutisme qui.se li,·rcau Palais-Bourbon, non pour la Fran<·P,mais pour l'l~uropr entière. Duvcrgicr de llauranne est Yenu justifier la campagne des banquets, à lal1uelle le di:-;rou1•s du trône a fait allusion rn récriminant contre les:* passion!, ennemies cl aYeugl•'s •- Il disculpe ses amis de toute hostilité aux institutions de la monarchie de J uillct, monlrt~ que c'est le pouvoir qui a renoncé à ces jnstitutions pour s'appuyer, lui, sur • les passions cupides et basses •· Quant aux passions cnrwmiPs, le pouvoir les déchairlC en donnant le signal de l'illégalité, en s'avisant subitrmrnt d'interdire le ban<1uel du douzième arrondissement. A ce discours, Duchâtcl répliqua en dédarant que le f!Ouvcrncmenl, fort de la loi de lï90, non abrogée, m.ainlcnait l'interdiction du banquet du 19 janvier. • Le gouvrrnemrnt ne cédera pas•· dit-il. En vain Odilon Barrot le rappela aux principes de 1830. En vain, de leur côté, un certain [nombre de ministériels, tentèrent une conciliation par un amendement à l'adrrsse. Guizot refusa hautainement, et il ac<·usa l'auteur de l'amendement de trahison. ~lais arnnl le vole de cet amendement, qui i,witait le cabinet à prendre • l'initiative des réformes sages et modéré'<'S•, cl parmi elles la ri>forme parlementaire, il a"ait prononcé quelques paroles que les ministériels irréductibles de l'entourage du roi voulurel}t interpréter "ommc une promesse aux espérances des réformistes. Guizot a,·ait-il promis quelque chose ? li a\'ait seulement répondu à Sallandrouze, auteur de l'amendement, •1uc le ministère n'accepterait les réformes que le jour où le parti conservateur les accepterait tout entier. li n'en fallut cependant point davantage pour irriter le roi. La majorité ministérielle, réduitêà trente-trois voix, dans une Chambre composée par moitié de fonctionnaires, ne

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