IIISTOIRE SOCIALISTE ln livrer à l'ennemi, mais des sentinelles vigilantes qui donnent l'alarme quand la garnison s'cndorL-.. Cette reculade n'adoucitpasGuizot,qui i1llcn·inl alors cl dédara prélérer une majorité rt'duile, mais compacte cl sùre. Puis il tenta de remontrer aux dissidents de la majorité qu'on voulait les entraîner, de rHorme en réforme, jusqu'à la démocralic, jusqu'au suffra~r univer~I. • Son jour viendra!• cria GarnierPagès. Guizot. dans son mépris pour les ria-ses populaires, répondit de son ton tranchant: • Il n'y a pas de jour pour le suffrage universel. • Au vole, il eut sa majorité compacte. Elle était réduite d'une cinquantaine df' voix. Elle devait le suivre avcuglt'mcnl juS<1u'à la catastrophe. Lors<1ue flémusat revint à la charge aver les in!'ornpatibilil(•s, elle se retrouva massé<' autour du système immobiliste et le projet lut d(lfiiiiti,·emenl repoussé. La Fra,we, ainsi gouvernl'<' par un clan de fonctionnaires à la d(lvotion des maîtres de l'argent, glissait insensiblement au régime bureaucratique qui vient de conduire la Russie à deux doigts de sa perte, el comme tout organisme en qui la vie ne lonrtionne plus se corrompt, la dt'<'Ompositinnne larda pas il -e ,nonlrer par de •iombreux symptôm<>~- Lc plus ('<'latanl dr ces symplômrs apparut soudain Ir 2 mai par la publi- .-alion dans un journal de plusi,•ur,, lrltrc, adress,,,., en 18.'.2 par un ancien ministre de la Guerre dr Thiers, I<'géni•ral Drspans-Cubières, à Parmentier, dircr• lrur des mines de Gounchans, dans la lla11tr-Saô11e. Ce deniier, Furieux d'avoir ll<'rdu un procès d'intérêt conl"• le génfral, a,·ail communiqué ces lettres à la presse : cllrs prouvaient clair eomme Ir jour que le général Cubitri•s, anci(•n Mpulé dr la Haulr-Saône, anei!'o minisl1X', pair de France, actionnaire d,•s minrs de Gounrhans, a,·ail profilé de sa haute situation pour protéger la compagnie conlr<• les ronséquenrcs drs illégalités nombreuses commises dans son exploitation et pour obtenir en M laveur, après la perle de ses procès, une nouvelle concession. Dans une de ers lettres, le général disait à Parmentier, pour le dl'cider à demander à son conseil d'administration un • sacrifice • : • On se montrera sans doute très disposé à compter sur notre bon droit, sur la justice de l'administration, et cependant rien ne serait plus puéril. N'oubli!•z pas que le gouvernement est dans des mains avides el corrompues, que la liberté de la presse court risque d'être étranglé<' sans bruit l'un dr ces jour,,, et que jamais le bon droit n'eut plus besoin de protection. • Dans une autre, il mentionnait ainsi ses démarches : • Je passe ma vie au milieu des députés, je vais chez la plupart des ministres, dont je crois utile au succès de notN' affaire de cultiver l'amitié. • Dans une autre, il déclare le succès assuré: • Je crois être en mesure d'obtenir non seulement la concession, mai•, au préalable, l'autorisation d'exploi!Pr •· Trois autres leltr~s avaient trait aux démarches auprès du préfet de Saône-et-Loire afin dr le stimuler, et aux dilfkultés que Parmentiertrouvait auprès de "''" assoeir• pour les décider à emplir les• mains avides et corrompuea •·
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==