540 HISTOIRE SOCI.\LISTE rents, tout en se ser,·ant do son nom et de ses écrils, c'est-à-dire en lo compromettant: • Le procès établit: t O Qu'une partie des communistes de Tours, dédaignant les conseils et les recommandalion, du Popitlaire, se sont laissé entrainer à organiser, sous le tilre de goguette, une espèce de société de chant qui se réunissait dans les cafés; 2° que, parmi les meneurs, se trouvaient un et peut-être deux espions ou agents provocateurs, par lesquels ils se sont laissé tromper et duper; 3° que, pour enlralner dans la goguette, on disait qu'on y chantait des chansons communistes et révolutionnaires de M. Cabet (cc qui était un infâme mensonge), et que, après le chant, on y applaudissait en criant: Vive Cabet! l, 0 que ces mêmes cornmunislcs se sont laissé entrainer dans les cafés, puis dans la rue, par les agents provoealeurs, pendant l'émoule des 21 et 22 novembre, au sujet de la disette; 5° qu'ils se sont ainsi exposés à être accusés par le cri public et par la justice d'être les instigateurs et les auteurs de l'émeute, même d'être coupables d'un complot, ou du moins d'une société secrète, dans le but d'établir la communauté par la violence; 6• que deux des accusés qui avaient poussé ou entraîné les autres, ont tout révélé contre Jeurs camarades; 7° que, dans la procédure et pondant les débats il a été très souvent question de M. Cabet ot du Voyage en Icarie, et que l'acc·usation semblait. vouloir les incriminer; 8° qu'ainsi ces communistes dédaigneux de la marche icariennf:\ ont gravement. compromis, non M. Cabet, que rien ne 1•eut compromettre récllcmont, mais Je communisme luimême et les communistes en général en les exposant au soupçon do désirer la société secrète, l'émeute et la violence•· A l'ouverture de la session de 1847, le gouvernement de Guizot lut vivement attaqué, dans la discussion de l'adresse, mais non;sur son imprévoyance à propos de la crise des blés. Puisque force était restée à la loi et que l'émeute de la faim ne grondait plus, il n'y avait point là matière à pàssionner une assemblée d'hommes d'affaires ot de fonctionnaires. L'attaque, commencée par Odilon Barrot, porta donc sur la politique extérieure. Thiers démontra que la politique suivie dans l'afTaire des mariages espagnols avait permis aux puissances du Nord de détruire de leurs mains les traités de 1815. Mais Thiers n'aya~t blâmé que la hâte du gouvernement à marier le duc de Montpensier, Guizot demeurait inattaquable sur le fond même de sa politique. li la justifia en niant avoir promis à lord Normanby que ie duc de Montpensier n'épouserait la princesse Louise-Fernande qu'après que la reine Isabelle aurait mis au monde un infant. L'ambassadeur anglais à Paris, mis ainsi en cause, accusé devant la Chambre d'inexactitude, se plaignit à Palmerston, qui lui répondit en affirmant sa pleine confiance en lui. En même temps, un journal anglais inspiré par le ministère déclarait que Guizot était• un imposteur convaincu d'imposture •· Les rapports ainsi tendus entre le ministre des affaires étrangères el 1~représentant de l'Angleterre, se rompirent tout à fait, quelques jours plus lard, par
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