Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

536 1IISTOIRE SOCIALISTE intervention européenne. Le Sundcrbund,ayanl refusé de se dissoudre,lulvaincu rapidement. et la Suisse se donna une constitution fédérale plus conforme à se, véritable, sentiments et aux réalités politiques cl sociales du temps. Guizot n'en avait pas moins tenté de seconder Mcllcrnich dans une tenlatiYc contre-révolutionnaire. Cel acte, ajouté à tant d'autres, acheva de ruiner la façade de libéralisme derrière laquelle le régime de Juillet tentait d'abriter son œuvre de réaction au dedans cl au dehors. CHAPITRE IX L.\ DÉCO)IPOSITIOX Rémusat el les incompalib,hlés parlementaires. - Louis-Napoléon s'évade de Ham et le comte de Chambord se marie. - Les élections d'août ·1846. - La cherté des grains soulève dt'S émeutes en province. - Imprévoyance du pouvoir. - Le procès des communi!-tes de Tours. - Le drame de Buzançais. - Les anciens ministres Teste el Cubières condamnés pour concussion. - Autres scandales. - Tout se corrompt: ta presse, agent de décomposition. Depuis qu'il n'était plus au pouvoir, Thiers se livrait parfois à des manifestations de moralité politique qui étaient la chose la plus réjouissante du monde. On avait alors cc spectacle d'apparence paradoxale d'un pouvoir corrompu, drap,1 dans l'austérité huguenote et bougonn~ de Guizot, et d'une opposition rigoriste par nécessité, incarnée dans les sautillantes pasquinades de Tbicr,;, Jamais le vice n'eut si graflde mine, ni la vertu si mauvaise allure. Rémusat ayant déposé, après tant d'autres, un projet sur les incompatibilités parlementaires, ce lut Thiers qui vint à la tribune exprimer le sentiment public. Il déclara sans rire, et sans faire rire, qu'après aYoir plusieurs lois participé aux affaires publiques, il se trouvait encore pris de dégoût, cl même d'indignation, devant certaines choses. Et invoquant • l'équité naturelle•• il s'écria : « Je vois de vieux employés qui ont tra,·aillé toute leur Yic,sacrifoés à l'ambition d'un député déleclionnaire. • Le comte Duchatcl défendit les députés-fonctionnaires. El au vote, les députés-fonctionnaires défendirent le ministère et les fonctions qu'ils tenaient de lui. Leur cause était tellement gagnée d'avance. dans une majorité où ils étaient en majorité, que Guizot ne s'était pas même donné la peine de monter à la tribune. Quelques jours après, le 25 mars 181,6, Louis-Napoléon s'évadait de la pfison de 11am, déguisé en ouvrier. Dans le même moment, le comlc de Chambord !k' mariait. Les laits et gestes de ces prétendants n'occupaient guère l'opinion. Non plus que l'attentat de Lecomte, un garde-chasse révoqué, contre Louis-Philippe,

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