Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

11ISTOIRE SUCI.\LISTI-: ,ion aux volon lé" de la 'nation, si universcllemenl exprimées. Grég<,ire XVI parul impressionné par le tableau que lui fit cet amba,sadeur e~traordinairc de l'état des esprits en France. S'il ne paraissait pas céder. de, troubles. bien autrement g-ra,·es que le sac de l'a,·chevêché en 1831. étaient ù craindre. D'ailleurs, Rossi ne demandait pas grand'rhosc : simpl,•menl • que les jésuil<'Sse missenl dan:-u- n élaL qui permit au gouv~r,wmf'nl rrançais de ne pa~ les YOire· t qui les rit ,•ester inapcr\'us, comme ils Pavaient elé jusqu'.i. ces dernières annérs ». Le pape feignit de con,uller la Congrégation des affaires ecc·l,'- siastiques cl déclara qu'il ne pouvait donner d'ordres aux j,<suites de France. Il acceptait cependant de leur faire parvenir des conseils par quelques cardinaux. Les jésuites-surent vite, élant les maîtres de l'Eglise. où en elaient les négociations. Le P. Rozaven écri,ait de Rome au P. Ra,'ignan, à la dalc du 2S juin: • Vous savez san, doute que M. Rossi a complèlemcnt echo"'' dans sa mission. Le ,ccrétaire de la ll'galion esl parti. il y a quelques jours, porlel' a Paris I' l.,üim,atum. » Ainsi <''était l'Eglise qui adres~ait un ultimatum au gonvc-rncmC'nt français. Cc trait en dit long sur la comédie qui se jouait et sur l'altitude p~is~ par Guizot. Le jésuilf' poursuivait ain~i ~on intércs:,ante communication: <c On fera peut-êlre courir le bruil de quelques concessions qu'aurait laites le SaintSiègc, mais n'y ajoutez pas foi. Le fin diplomate n'a rien obtC'nu.nî par ru~ ni par intimida lion. • A Paris, cependant, le gouvernement faisait insérer au Moniteur du 6 juillet la note suivante : • Le gouvernement du roi a reçu des nouvelle, de Rome. La nëi,,,ociation dont il aYail chargé M. Rossi a atleinl son bu1. La congrégation des jésuites ce:,sera d'exister en France et va s(' disperser d'clle-mêrne; ses maisons seront fermées el $PS noviciats dissou:,. » Cctle note inquiet-a un im,Lant tes jésuites de France. On a ,·u commenl le P. Hozavcn les mit au couranl. De son côté, le cardinal Lambruschini écri-vait, le 4 août, au nonce à Paris : • Quant à l'étendue des mesu'N's à prcndr~, jamais il n'a clé question, pour les jésuiles, de perdre ou d'aliéner lcUl'Spropriétes, de fermer leurs maisons et de ne plus exister eo France; et, comme, après 14 lectul'f' de la notr ministè• riel!e, je réclamais auprès de M. llossi. celui-ci déclara nPllemcnt qu'il ne l'avait point écrite. Des personnes qui se croienlbien informées affirment aussiqueM. Rossi a lait savoi1· indi1>1ctement au H. P. Général des jésuilcs qu'il ne fallait pas entendre les paroles au pied de la l.:,ttre. Votre Excellence pourra dire, aux jésuites, sous fonne de conseil, de s'en tenir à ce que leur P. Général leo,·prescrira de faire; ils ne sont nullement obligés d'outrepasser le, inslructions de leur supérieur. • On voit, d'après ces textes, combien M. Debidour, qui les reproduit dans son Histoire du r1Jpportsde rEglise el de fEtat, a raison de dire que la note du 6 joalet élait • un impudent mensonge•· Sur quarante-sept etablissemenls que pœsélkienl les jésuites en Franee, ils en lermèren t cinq : les Lroi, maisons prole88eSde Paris, de Lyon et tt' A-.ignon. el les deux no,·iciats d~ Saint-Acheul et

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