44 IIISTOIHE SOCiALISTE La ra,·cur du roi Louis X\"I Ir aida fort à ces opérations fructueuses. II n'était pas encore installé aux Tuile,·:es <1u'ilaccordait aux sollicitations du duc d'Orléans la restitution immédiate de tous les biens de sa famille « soit qu'ils fassent partie du domaine de la couronne, soit qu'ils soient affectés à des établissements publics, etc.» Ces biens n'étaient point ind-Omnes; ils étaient grevés des dcllcs nombreuses de Philippe-Egalité, cl deux arrêtés du Conseil d'Etat en avaient, en vendémiaire an X cl pluviosc an XI, ordonné la vente comme biens d'émigré afin que, sur le produit, les créanciers fussent désintéressés. L'Etat les acheta el Louis XVI 11 les rendit au fils de Philippe Egalité par une ordonnance du 20 août 181/i, trois mois après sa rentrée en France. On rnil que le duc d'Orléans n'avait pas perdu de tcmps. l.ineaulrcordonnanccdu ï octobre 1814. stipule que le duc rentrera en possession des biens dont son père a joui «à quelque titre el sous quelque dénomination que cc soit. >) On verra dans le cours de cc récit à quels débats,à quelles arnnics, il quelles liumiliations Louis-Philippe s'exposera pour arracher au Parlement, el sans y parYenir toujours, une augmentation de la liste civile ou une dotation pour un de ses nombreux enfants.Ces querelles, où éclate l'âpreté au gain du roi de la bourgeoisie choquaient la bourgeoisie clic-même. Elles firent la fortune des pamphlets de )1. de Cornenin, dont ~I. Thureau-Dangin peul bien dire que le « fonds » était « misérable»; mais l'historien orléaniste n'en est pas moins contraint d'avouer tout de même que Louis-Philippe, ,comme prince el surtout comme père de famille, avait fort à cœur, trop à cœur parfois, la solution de ces questions de dotation.» A présent, doit-on conserver à Louis-PJ,ilippc sa réputation d'avare cl de thésauriseur? Pour l'en décharger, }I. Thurcau-Dangin, qui avoue que « certaines manières d'être de Louis-Philippe aidaient sur cc point la méchanceté de ses ennemis», public le fragment que voici du rapport du liquidateur général nommé par le gouvernement provisoire de 18'18: « Louis-Philippe jouissait de sa liste civile en prince éclairé, protecteur des arts, propice aux classes ouvrières, bienfaisant pour les malheureux. La nation avait voulu que, sur le trône, il fût grand, digne cl généreux; il fil cc que la 11alion attendait de lui, peul-être même un peu plus encore cl un peu mieux ... li faut donc repousser le reproche de parcimonie <1uilui fut adressé; il faut donc regrcllcr ces ac·cusations injustes qui furcn~ élc,·écs contre lui, cl que dément aujourd'hui, que démentira dans la postérité le souvenir de ses actes et. de ses œuvrcs, dont quelques-unes seront debout longtemps encore. • De son côté, le marquis de Flers énumère les œuvrcs auxquelles Louis-Philippe s'est intéressé: « Cc prince qu'on a si justement accusé de parcimonie, dil-il, paya 23 millions cl demi sm· sa liste ci,·ilc pour la restauration du palais de \'crsaillcs. • De plus, pendant tout son règne, il alloua« aux musées, aux manufactures royales, au service du mobilier de la couronne, aux haras cl aux bibliothèques, une somme de 50 millions 868.000 francs, soit en moyenne à peu près trois millions·par an.» Enfin, en qualité de propriétaire du Palais-Royal où se trouve la Com~dic-Fran-
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