Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

IllSTOII\E ::iOCl,\LISTJ:: 511 Hobcrl Peel s'était emparé de l'incident Pritchard pou1· faire chorus au nicarmc que wc.naient, dans la presse cl <lans les mcclrng~, k:i patl'ivtc::; et lt:-. prédicants. Aux Communes, il était allé jusqu'à dire que l',\ngleterrc a\'ail été insultée gro::,:,.Îèrcmcntet indignc1ncnl, cl a, ait tcnni11é :-:-a répo11... c ù une iutcr pellation de complaisance par ces pnl'ol<'..,: E< Je pense que le gou\crncmc1 français fera la réparation qu'à noti·c a, is l'.\nglctcrrc a le droit de réclamer.» De son côté, Guizot était interpellé à la Chambre des pairs par Molé, auquel se joignirent ~lontalembcrt cl le prince de la :\loskowa pour lui demander quelle serait sa réponse aux menaces anglaises. Guizot a\3il employé toutes les rcssom·ccs de sa dialectique pour démontrer à ses contradicteurs qu'il n·: avait pas conflit entre la France cl l'Angleterre, mais simplement un minime incident colonial que la diplomatie terminerait facilement. Cc fut également sa réponse à la Chambre des députés. où Be,·r: e,·, llillault, La Hochejacquelein le pressèrent en vain, en invoquant l'honneur national offensé par le Lon hau tainemenl agressif du gou,ernemenl anglais. Le 20 aoOl, il e,primail offieicllemenl des regrets au gou\'crnemcnt anglai, du traitement infligé à Pritchard cl, le 2 septembre, une indemnité était offert•· rn r0parnliondu dommage subi pa_rle mis~ionnairczélt·<lei'l''-pan-..ion ant"::lai..;,1. -Jnmèmc temps que la reine Pomaré élnit -rélablic su,· '-On ti·ùnc. Enfin. pou" rassure,· complètemenl l'.\nglelcl'rc sur les intentions de la France au ~foroc, le traité de paix conclu avec 1,, ,ullan ~Iule: ahd-cr-Rhaman accordait il celui-ci les conditions qui lui avaient élé offertes arnnl 13guerre : il ne payai! pas un sou d'indemnité cl promcttail seulement l'expul,ion d' \bcl-cl-Kad,'r du territoire marocain. Qu'est-ce donc qui arnit poussé Louis-Philippe à se montrer si conciliant. à la grande fureur de Bugeaud. qui accusait le prince de Join\'illc de s'elre con d~1itcomme un « grand mollas-,e )), cl 3 conclure si rapitlcmcnl des a.rrang<' r;,ents qui donnaient tcti plus compl0tr-; ,atl-.faclion ... aux c:xigcncc::icl au\: ,usceptibililés britanniques ? Etait-cc son amour de la paix /t tout prix ? La crainte quo la France ne fùL,·aincue par l'.\ng-lctcrrc ~ \'on. mais la crainte d, voir la Russie se rapprocher de celle dernière puissance et scr,ir de lien à une nom·ellc coalition plus difficile à rompre que celle de 1840. Le voyage du tzar .'-icolas à Londres, dans le courant de juin, avait plongé Louis-Philippe dans la plus vi\'e inquiétude. car il n'ignorait pas les senlimcnls que profes•ail l'oulocrale pour notre pays cl son gou,errwmcnt, si résoltlment conservateur que rot celui-ci. Nicolas, qui avait entouré de fasle sa visite à la reine Victoria, n'était pas allé ù \Yindsor pour y faire une \Ïsitc <l'nppnrat, mais dans le huf trè0 précis d'établir entre l'.\ngletrrrc cl la Russie une enlcntc pour la pn(sibl, possession de leurs territoire~ respectifs en Asie, sur les bases d'un partage amiable de leurs zones d'influence. Le Foreign Office n'avait pas accueilli ces ooverlures, mais Loui ...Philippe ignornit eela, et se sentait sous la menace

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