Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

hl0 lll~TOIIIE SùCIALlSTE ,ub,titué lem· auto, ité de fait à la puissance des chefs indigènes, que I' \ngle terre couHe officicllcmenl de son pa\lllon la noU\elle possession, l'organise en colonie ou en prolccloral, cl y exerce les droits do la sou,craiocté. Amsi avaient procédé Pritchard et ses coinpatrioles /J Taili. La France avait en quelque sorte reconnu leur droil d'anténonlé, en désarnuant l'amiral Oupetit1houurs, lorsqu·,1 a, ail déposé la rei11eet annexé ses Etats /J la France. li ne uépossédait pas seulement Pomaré, mais encore les missions, arnnt-garde de la domination l,rita11niquc, cl substituait la do1111nationfrançaise à leur proteetoral de fait. Les Français avaient beau répondre que le fait pour l',\ngleterre d'avoir reconnu le prolt•ctorat lrançats sur la,ti leur donnait le droit de tran,former cc protectorat en ann,,,ion, les .\nglais avaient beau jeu pour répliquer que la France clic-même, sur leur, réclalllations, a,·a,t reco11nu l'inexistence de ce d1·01t c·l tlé-.a,out.• l'a111w\.Ïon. Or, lo gou,c1111•mcnl français mail L1c11 dé'."1arnu,• l'aclc de rmn11al Dupet,t-lhouar,, mai• Taïti 1i'en était pas moins demeurée annexée à la rrance. Alla,t-on se battre pour cc que Louis-Philippe appelait « les tristes Mil• :--1'.., d,• "J ,uti • ~ Le.•..,deux grar1tlf"s n:lt1011c;:; lih,•r:tlcs all:ticnt-cllc.., ,c th,puh:r il coups de canon quelques Ilots perdus au fond du Pacifique ? Si la Frnnce avait nus dans cette affaire la mllme obstination rurieu•e qu') mil l'Angleterre, la guerre e0t certainement écl:,té. Celle exaspératiorl anglaise n'a\'ait pas l'incident Pritchard pour cause unique ; il n'en était même que le prétexte. ,\l,d el-Kader, cho,sé d'.\lgérie par nos troupes, s'était rNugié au ~faroc, y arnit pr~ch~ la g11,•1..-esainte contre les Français, ri le mou,ement arn,t été si génfraJ dans cc p:iys fanatique, que Ir sultan a,ait do céder et attaquer la France. Le maréchal Bugeaud arnit immérliatement réuni une petite armée sur la lrontitre du ~laroc, tandis qu'une escadre fran~aisc, commandée par le prince de Joinrillc, prenait ,,o,ilion de,ant Tanger. Le sultan ~luley-abd-er-Rhaman apnl répondu à l'ultimatum français pat les éch:ippatotre, qui &ont 1~ fin du fin de la diplomatie orientale, la parole a,a,t été laissée au canon. Tanger et ~logador arnient été successi\ement hombarMs et, le 14 août 18\4, le maréchal Dugcaud arntt mis l'armée 111a.rrn•a111c <'Il df•r·outc '-lll' Ici;;bords Ùt' r1 ..,J~·. ('p.., , icto1rc, portèr<'nl :1u comble l'cxaspéralton du jingoisme lmtannique, qui ne pardonnait pas à la France la conqu~te de I' \lgérie, la \'Oyait déjà maitresse du Maroc et en possession de comma11df"r,<'Il focc rnèmc de r.ihrnltar, l'cnlrt\" de la \(ti·dilrrr:ml'-f". Ces craintes ne furent pas justtfiées par lt'S é,énements. ;\i Tanger ni ~logador ne furent occupés par les marins français, el le maréchal Bugeaud ,absliut d'enlrl'r sur le territoire maroc.,in. ,\inst le \'OUlut et fort sa!(ement, le gou\'ernement de Louis Philippe, qui accepta que le goU\"t?rnement anglais inter\ lnt dans les n,•gociations cle la p3i"<a,-ec le \laroc. Il étail impo!l9ÏMe de donner à l'Angleterre des preuves plus décisives de notre d8ir de paill,

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