502 HISTOIRE SOCIALISTE claire, voit que le parti catholique cle 1899 n'eut qu'à copier l'organisation de 1843 cl 1814. Et comme en 1899, le clergé, évêques en tète, fit corps avec les laïques ol les congrégations, subit leur dircclion, leur prêta la force qu'il tenait de la puissance publique. Le Concordat avait tué le gallicanisme, sauf en quelques prêtres récalcitrants, mal notés à Home, point soutenus par le gouvernement. Si Bossuet était revenu, par un de ces miracles familiers à l'imagination catholique, el s'il avait repris le gouvernement du diocèse de Meaux, ,on clergé et les fidèles l'eussent traité comme un ennemi de l'Eglise. Ce que le Concordat avait commencé, les congrégations, cl surtout celle cles jésuites, devaient l"achever. Etait-elle donc si terrible, celle loi Villemain ? Elle donnait la faculté d'oun-ir des institutions ou des pensions aux particuliers pourvus du diplôme de bachelier, d'un certificat de moralité délivré par le maire et d'un brevet de capacité délivré par un jury formé du recteur, du maire, du procureur du roi, d'un chef d'institution et de quatre nolables ou professeurs. De plus, les établissements dont les professeurs auraient les mêmes grades que ceux des collèges jouiraient du plein exercice, c'est-à-dire du droit de ne pas conduire leurs élèves aux collèges de l'Université et de les présenter directement au baccalauréat. Enfin, et, par là on croyait se concilier les évêques, qui avaient la direction des petits séminaires, ces établissements, destinés théoriquement à préparer les enfants à la carrière ecclésiaslique, conservaient leur indépendance, leurs privilèges et immunités : leurs professeurs étaient dispensés de tout grade universitaiœ, la moitié de leurs élèves sor\ants pouvaient être présentés au baccalau(éat, et le grade leur demeurait acquis sans qu'ils fussent tenus d'embrasser b prêtrise. Mais Villemain avait repris une concession importante faite en 184.J aux petits séminaires. Selon la loi do 1828, ils ne pouvaient compter un elfect.C supérieur à l'ingt mille élèves, ce chiffre ayant été jugé largement suffisant pour assurer le recrutement du clergé. Mais les cléricau.." avaient fait des petits séminaires de véritables établissements secondaires : le projet de 1811 les favorisait en donnant aux pelits séminaires le droit de recevoir des élèves en nombre illimité. Le projet de 184.4. maintenait la fixation au maximum de vingt mille. L'archevêque de Paris attaqua vivement le projet sur les petits séminaires, dans un mémoire adressé au roi cl reproduit par la presse religieuse. Les évêques sui, irent l'impulsion. Limiter le nombre d"élèves des petits sé1nt· naires, c'était toucher le cléricalisme dans une de ses œuvrcs vives, puisque ces établisements vivaient sous un statut spécial, de faveur. Le roi ne put faire autrement, à son vif regret, que de blâmer « l'inconvenance » de l'archevêque Affre. Ce qui enrageait les cléricaux contre la loi de l'enseignement secondaire. c'était le maintien de l'enseignement de la philosophie dans les programm~.
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