494 Ill TOIJ\E SOCL\LISTE laissa foire, en l,'appu~•anlmalicieusement, lui conservateur, sur la lrad1tionde libéralisme ho,p,tali,•r de son IHl)S, Des députés. des hommes en ,ue du parti légitimiste, prirent part à ces pèlc,inagcs. Chateaubriand s'y rendit et séiourna quelques jours à Londres. Après a1·oir mapife,té ù 13clgravc Square, ks monarchistes allaient saluer en lui la ro}auté de l'esprit. Parmi les députés qui prirent part aux manifestations, on \'it Berryer, de Lare), le duc de Valmy, le man1uis de Prcigne, Blin de Bourdon, La Rod1ejacquelcin. Le comte ùc <..:hambord, qui avait alors vingt-quatre ans, était un jeune homme très doux, très sage et très nul. Le duc de Lé1is l'a1ail pétri a1cc l'aide de la congré,::ation, et le tenait de près. Les royalistes intelligents, ceux qui sc11laicnt tout cc qu'il fallait concéder aux temps nouveaux pour rendre possible une restauration, furent stupéfaits. On arnit fait de leur prince une pa,si,e marionnette aux mains des prêtres el des absolutistes. On l'avait rendu plus incapable de régner que Charles X lmmeme. lis s'emportèrent furieusement, La l\ochcjac11uelein surtout, à qui ses seriiccs donnaient le droit de parler haut : la camarilla des ulllas répondit ~l\ <'C ::ti({t'cur; Jp hruit d,· cc-, qucr<'llt•.., ahuri,:--:nit le malh~urcux jeune homme, ou pcut-etrc l'éclaira,t sur son incurable déchéance et le prédisposait à parer de noble entêtement dans l'absolutisme du drapeau blanc son paresseux désir de ù, rc loin des tracas de la , ie politique et des entreprises de restauration. Les pNcrinagcs de 13el'graveSquare n'o1aient pas mis en péril le trône de Louis-Ph1lippc, ne constitua,enl même pas une menace à longue échéance. Guizot n'en crut pas mC1insde, oir insérer, dans le discours du trône qui ouvrait la session de 1841. une phrase de nétrissure pour les • coupables manifestations» auxquelles s'~taient liirés des députfs, liés par leur serment à la monarchie de Juillet. Cette phrase, qui Ji, rait les actes des députés pèlerins au jut:.emcnl de la conscience puLJique, amena Berryer à la tribune. li se· défenrhl assez mollement, parla de fidélité au passé, garda la posture d'aceu54\ que lui donnait le discours du trône. Gu,izol en prit avantage pour comparer la monarchie défunte à celle qu'il représentait. li démontra que la légitimité ne se fondait pas seulement sur l'hérédité, mais sur le consentement national et sur l'observation por le monarque du pacte passé a,ec la nation. Il soutint la thèse de la quasi-légitimité avec l'édat cl la force de son robuste talent. li était au cn·ur de sa doctrine de monarchie libérale, sur le terrain solide d'où seule la docll·ine OJ?posée de la démocratie c0t pu le déloger. Il c0t donc pu se borner là cl remporter un grand succès. ;\lais il crut dc,oir incriminer la moralité politique de ses adversaires de droite, el du coup g~ta tout. La Hochcjacquclcin se paya sur Guizol de ,es déboire, et de ses ,léceplions à Londres. li interdit do se poser en juge de la moralité politique A l'homme qui, pendant les c,,nt-Jonr,, Mnit allé porter au roi Louis XVIII, à Gand. l'hommage de ,a foi monarchique. La gauche Ml joi~I • l'astrtme ·
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==