484 HISTOIJ\E SOCIALISTE menls de travail, question qu'il roulait dans son esprit à l'étal do problème et qu'il a éclaircie depuis dans ses écrits. » àlais lorqu'elle ne comprenait pas, elle n'en sui,ail pas moins de confiance. Elle avait fondé a\Cc lui, en 181 1, la Revue i11dépe11da11le, où elle publia des éludes sur les poètes ouvriers. Spiridio11, qui ou,re en 18~3 la série de ses romans socialistes, a été plus qu'inspiré par la pensée de Pierre Leroux. D'une lellre adressée au biographe de Pierre Leroux, ~I. Félix Thomas, par M. de Lovenjoul, l'érudit chercheur à qui l'on doit tant de renseignements précieux sur Balzac, il résulte qu'u ne partie du manuscrit de Spiridion est de la main de Pierre Leroux et composée par lui. « Je possède, ajoute-t-il, ce manuscrit autographe, qui porte les traces habituelles qu'y laissent les compositions d'imprimerie, el je vous parle, bien entendu, du lexie de l'édition originale, car dès la première édition in-12 (1 843), G. Sand a beaucoup modifié l'ouvrage primitif. » Pierre Leroux ful meilleur philosophe qu'hornmc d'affaires, ce qui n'a rien pour surprendre. ~I. Jules Claretie, dans le Temps du 21 féHier 190i, en donne une preuve par le fait suirnnt, qu'il tienl de Delavigne, l'ancien éd iteur de George Sand. Celle-ci a\'ail chargé Pierre Leroux de ses mtér!ts auprè s de l'éditeur. « Delavigne, dil .\!. Clarelie, trouva M. Leroux dans une petite chambre ayant pour lous meubles une table de bois blanc, une chaise el, en guis e de canapé, une malle sur laquelle le chargé d'affaires de àlmo Sand invita l'éditeur à s'asseoir. Alors Pierre Leroux : - Voyons, monsieur, George Sand a achevé un ouvrage nouvcnu en quatre volumes. J'ai pleins pou\'oirs pour traiter 0\'ec vous en son nom. Qu'est-ce que vous lui offrez par \'Olume ? - ~lais cc que je donne d'habitude. Cinq francs par rnlurne. « Pierre Leroux paraissait étonné : - Je \'OUSni dil qu'il y avnit quatre volumes 1 - Parfaitement ! - Cc serait donc deux mille francs que vous offririez pour un roman ? - Deux mille francs, tout juste, oui, monsieur. « Alors, Pierre Leroux, lernnl les bras au ciel : - Deux mille francs I Deux mille francs pour une œuvrc d'imaginalion, pour un roman ! Je vous l'ai dil, un ro-man ; mais cela n'a pas de bon sens 1 - Ce sont mes prix, je vous l'ai déclaré, faisait Delavigne, se méprenant sur la pensée du philosophe. « Mais Pierre Leroux ajoulail bien vite : - Cela n'a pas de bon sens : Je le disais à George Sand, c'est beaucoup trop cher. Un roman ne -vaul pas çn. « L'éditeur étail stupéfait, mais le plus charmant, c'csl que l'homme d'affaires élait sincère el que Mme George Snnd lui donnait raison. » Elle lui donna rnison, mais il y a gros à pnrier qu'elle ne le chargeaplua de semblables négociations. Le nalf philosophe s~mginait sans doute que les
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