11/STOlflE SOCIALISTE 473 Pou..,~é~par leur logique communî:,tc, ccu\'. ci ::n::ucnlrnpris l'i111pri111cric aux mains de !'Etal. Louis Blanc ne fait pas autre chose lorsque, dans l'Urganisatio11 du trarail, il propose la création d'une « librairie sociale ». li nous dil bien qu'elle • se gou,crnerait elle-même ». ~lais, du fait qu'il ) aurail au budget de l'Etat « un fonds spécialement destiné à rétribuer, sous forme do récompcn,e nationale, ceux dl's auteurs ... qui, dans toutes les sphèn·s de la pensée, auraient le mieux mérité de la Patrie », on aperçoit quelle liberté serait laissée à la pensée a, cc un tel S) slème. Uans ce petit li, re, qui date un nH.)mcnl important de l'h1sto1re du socialisme, 11ous t1·ou,·ons e,p,·irnée :\ plusieurs 1·eprises une pensée qui n'a ·pas encore été éliminée de quanl1lé de cerH'aux sociali,t,'s : c'e,t qu'en régime capitali ...lc, par Ja fon'l"' de la loi de,; :-,alaires, par les répl"rcu... .,ion.:,éconotniqucs, nulle réforme ...,ocialt"'ne prul rCcllcmcnl améliorer le sort dr,; tra.\·a1lleurs. L'onscquencc : faire l:1rén,lution qui, d'un coup, lran::tronncra la !;OCiété el fer:, passer le p1'0lclanal de l'c11fcr capitaliste au parudis socialiste. ,\ quoi bon, en régime capilnlisle, ou, rir des écoles ? dit Louis Diane. Elles ne pcu,cnt que « re111lrcl'homme <lu peuple méco11lcnt <le sa situation, éveiller dans ..,on àme des rnou\crncnts jaloux, lui inspirer une amb1hon qui, ne pounrnl se satisfoirci, se rh:111gcen fureur el ou\'re à son esprit une carrière qu'il ne pourrait parcourir ,:ui, s'~(!arer ». Car tels ,out « les ré,ullats que doit naturellement prouuire dans l'ordre social actuel toute instruction à peine ébauchfr, ou dirigée ,don les principes sur lcs<1ul'ls cet ordre social esl fondé n. Louis 31anc tenait celle argumentation <le Considérant, qui l'a,·ait reçue de Fu111·i1'1". Il la fournit a Proudhon. et, sur celle autorité traditw1rnf'll1'trois cl quatre foio consacrée, certains sociafütes l'cmploicnl encore sons examen critique, sans s'apcrcernir que les faits de chaque jour, les plus modestes réforntl'S, lui donnent un éclatant démenti. C'c:-,I,pour des révolutionnaires qui se réclament de la science et ,culent faire du socialisme scientifique, se monln•r singulièrement conservateurs et faire preu,·c d'une absence totale d'esprit scientifique. Cc n'est, en tous cas, point ù celle a,·gumcnlalion que songeait Proudhon lorsqu'il ùcmandail ce qu'il pouvait « y arnir de commun entre le socialisme, celte prolcslalion uni\'ersellc, el le pèle-mèlc de , i~ux préjugés qui compose la répuùlique de :\1. Rlanc ». Proudhon, pour qui tout cc qu'on donnait à l'Etat était enle,·é à l'indiddu, à sa liberté, 11es'était pas laissé séduire par la promesse de Louis Diane, de faire disparaitre l'Etat dès qu'il n'y aurait plus de classe inférieure et mineure dans la société. Cependant, pour se distinguer des partisans de l'Etat souverain, Louis Diane protestait contre la formule flr.., .;;.liul ...iinot1Îf'ns. r,•po11-.-.:1itl'Etat proprif•tnir·(•. p:1n.~,, que c'f'lnit « l'ab sorption d~ l'individu ». Il disait, lui, la société propriétaire. « Différence ,norme, affirmait-il, et sur laquelle nous ne saurions trop insister. » En effet,
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