40 IIISTOI HE SOCIALISTE l'industrie, qui ont à asseoir le monde économique nouveau, surgi des transformations de l'outillage causées par l'emploi des machines à vapeur: Louis-Philippe sera un roi"pacifique; il le sera contre le gré d'une nation belliqueuse, toute frémissante encore des invasions de 181 't et 1815. La bourgeoisie ne veut point partager le pouvoir avec les classes moyennes, encore moins avec les classes populaires: Louis-Philippe sera un roi conservateur; à tel point qu'il poussera les hauts cris lorsque ses ministres lui proposeront d'accorder les droits électoraux aux contritribuables qui paient deux cents francs de contributions. Il a donc bien été, somme toute, le roi de la bourgeoisie. Les traits les plus caractéristiques de Louis-Philippe peuvent, je crois, se résumer ainsi: son intelligence était réelle, son application au travail très soule nue, son esprit d'une grande vivacité, sa ténacité et son esprit de suite absolument remarquables. )lais ces qualités de l'esprit étaient gâtées par les défauts mêmes que chacune d'elles contient naturellement lorsque l'esprit ne se soumet point à une sé,·ère discipline intellectuelle et morale. Ainsi Louis-Philippe n'applique son intelligence qu'à des œuwes, en somme, négatives. Com·aincu que l'on ne règne qu'en di,·isant, il emploie toutes les ressources de son esprit il entretenir les oppositions des partis dans le Parlement et des hommes dans les partis, afin de demeurer leur arbitre cl le maitre de Ioules les situations. C'est à re point que lui, qui est a\'8nl tout un consef'\•ateur, il ira jusqu'à se faire un mérite auprès des libéraux d'avoir empêché Casimir Périer de supprimer la liberté de la presse et le jury. JI gâtait l'esprit qu'il arnit par le souci permanent de briller. Causeur séduisant, il ne savait pas se taire, malgré sa duplicité naturelle.« En parlant aussi longuement, dit ~l. Thurcau-Dangin, il s'exposait à dire ce qu'il aurait mieux fait de taire. • Préférant leur réputation à la sienne, les historiens qui lui sont le plus favorables n'ont point osé nier la duplicité qui est :un des traits dominants de son caractère. JI poussait si loin le goût de l'intrigue que, non content d'opposer les uns aux autres ses ministres et les chefs des parlis politiques, il allait jusqu'à se mett,·c d'accord avec les diplomates étrangers, notamment Metlernich, pour conlrecarrer son propre goU\·crncment el sa propre diplomatie. De ceci, qui est ITès grave, ~letternich en fait l'a,·eu dans une« communication secrète» dont voici un extrait : « Les explicati.onsco11{ide11tiellesda11s lesq,ulles le roi Louis-Philippe me permetd'entreraeec lui, la facilité que ceprincemet à nous rendre comptede sa propre pensée offrenl, dans une situalion qui généralement est difficile, de bien grands avantages à ce que je qualifie sans hésitation de cause générale et commune, » La cause générale et commune, le nom même du véritable ch&! de la Sainte-Alliance la désigne, c'est la cause des rois ei des aristocralies contre les peuples et leurs libertés. L'écrivain orléaniste Duvergier de llauranne convient qu'en effet Louis-Phi· lippe avait si peu compris le sens véritable de la révolulion de juillet qu' « il blâmait Charles X non d'avoir voulu gouverner, mais d'avoir méCOllllUeL heurté de
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