462 HISTOI.RE SOCIALISTE Ce n·esl déjà µas mal. Plus Lard, il fera mieux - c'csl-à-dirc pis - encore. « Le fou,·iél"isme, écrira-l-il en 1840, poursuit de lous ses ,œux la pl'O::,litutionintégrale. >) Englob::111<t lan::,le mème anathème toute~ le::; doclrines socialisles qui onl voulu !"émancipation de la femme, il s'écriera : « La communauté des femmes esl l'organisation de la peste. Loin de moi, commum::;lcs! ,olre présence m'est une pu_antcur, cl ,·otre ,ue me <légoùte. Passons vite les constit~lions des sainl-simoniens, fouriérisles el aulles prostilués se faisant forts d'acçordcr l'amour liure a, cc la pudeur, la délicalesse, la spirilualilé la plus pure. Triste illusion d'un socialisme abject, dernier rêve de b cra pulc en délire. » Ces violences n'en attachaienl que plus fort à leurs idées ceux qui en étaieut l'objet. Elles ~•cur0nt donc, dans le momcnl où clics se produisirent, aucun effel dissohant sur les doclrincs socialisles alors en fa,cur. )fois il est temps de parler de toutes celle, qui, à côté Ju communisme el du fouriérisme, Yinrc11:l:;'ajouter ù la critique de Proudhon, cl s') heurter, se mèler co11fu!::émcnl dans les esprits, el représenter, chacune selon sa mélhode el ses mo) cns propres, la commune aspiration des lra, ailleurs à une organisation sociale où disparailrait l'cxploilalion du lra,ail humain el loules les serriludcs morales el sociales qu'elle cnlralne. Qu·était-ce donc que Proudhon, cc contempleur bourru du ,·éalisme béat des conservateurs et de l'idéalisme non moins béat des ulopistcs sociaux de son temps ? Quelle était sa méthode ? Quelle élait sa doctrine ? Qui était-il lui-111ème,celui qui, scion l'expression de mon cher et regretté mallrc, Benoit ~talon, « entr~ dans la ~ité 'de l'idée en Barbare de génie »? Qui élail il? d'ou ,eoait-il? Comme Fourier, il élait né à Besançou. Celle rraucloe-Comlé de Bourgogne, qui louche à la Suisse, forme aussi 11alurcllc-- me11tùes caractères réµublicains que l'arbre porte les fruits de son c,pèce. Et les pâturages de ses plateau, indiquent aux hommes la seule forme de travail entre hommes égau,x et libres. Ce fut le pa}s des derniers serfs, possé<lés par des moines ; 111aisç'a été le pa)S des premières coopéralives, formées par des pa,sans propriétaires de leur bétail et fabriquant et vendant en commun leurs fromages. Fouri"er ni Proudhon ne pouyaient, sans mentir au terroir originel, êlre communisles. Fourier, passionnément lndi,idualiste, impliqua l'homme, par la série, dans les mulliµlcs associations qui devaient lui assurer son autonomie. Mais il réunit les •éries dans le phalanstère, et c'était subordonner forcément à l'homme économique, l'homme politique et moral, l'homme tout simplement. Proudhon acceptait ou plutôt suhissait l'associa lion ; mais seulement dans l'ordre induslriel el lorsqu'il n'y a,ait pas moyen de faire autrement. Il voulait faire de l'insl.-umenl de lrarnil, de la propriété, le solide terrain sur lequel l'homme édifierait sa liberté. Le droit, ex1,rcssion suprême de l'indilidualisme, fut toujours son guide. Par le droit, il se nattait de donner à chacun le sien.
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