Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

t58 llISTüI.RE SOCIALISTE II n'eût pu la rompre d'aillcur:>qu'en bC ré~ig11aut à èlrc un étal•majut ..a. us soldats, puisque c'étail dans la classe oui rièrc que se trou mit l'armée de la démocratie. Le .\'alional, agissait donc sagement en refusanl de se séparer de la fraction la plus nombreuse et la plus acti,e de la démocratie. C'esl elle, au contraire, qui alla il bientùt se séparer de lui el parler ses si mpalhies à un journal qui mettrait les questions sociales au JH'cmicr plan cl appcllcrail loules les fractions du parti démocratique à exposer leur• idées dans ses colonl)cs. Ce journal, qui dcrnil être l'organe des six millions d'honunes « qui vi1·cnt en ilotes dans leur propre palric », parut en 1813 sous le litre de la Ré/orme. Ses directeurs étaient Grandménil, qui mellait toute sa fortune dans l'entreprise, Baune, l'ancien chef du parti républicain à Lyon, cl flocon, un ancien sténogra phc de la Chamb,·o. Dans le comité de direction qui leur était adjoint figuraient Etienne Arago, qui ne donna que son nom, LcdruHollin, l)upOI)', Loui:-:.Blaue, Lamcnnai:,, Scho·lchcr, Pa:::,callh1prat et quel• ques autres. Cavaignac fut le rédacteur en chef, secondé par l11beyrollrs. Tandis que le .\"ational se \'Ouail surtoul à l'opposition, la 1/é/orme tendait ~urlout à èlrc un orga11c de propagande dtmocratiquc cl ~oeial1•. Üak, le nourcau journal, donl plusieurs rédacteurs se déclaraient ou,ertemcnt socialistes, f· locon publiait des articles sur le droil au trarnil : « La société, disailil, qui ,·eut qu'on tra1aille, qui l'exige sous peine de prison. ne de1Tait-elle pas êlre forcée de donner de l'ouvrage à ceux qui en manquent, sous peine d'inconséquence et d'absurdité. » Louis Blanc et Pccqucur publiaient fréquemment dans la llé[orme, des critiques contre lïndi1idualismc économique, les prétendus bienfaits sociaux de la concurrenc.c, l'immoralité de l'économie politique cl de ses doctrines d'abslenlion de l'Etat. ~lais les doctrinaires du communisme absolu, révolu- . tionnaire ou modéré, se tenaient à l'écart, ainsi que les phal:rnstèriens, qui d'ailleurs a1aient, eux, leur journal quotidien. Il )' arnil, en somme, du .\'ationol à la Héjorme, la différ,,11ce qui exista, il y a quelques années, entre les opportunistes et les radicall\. Le \ational \"Oulail bien appeler les ouniers à la démoeralie, mais sans effrayer les bourgeois républicains. La Réforme portait au contraire tout son effort de propagande sur la classe ouHièrc et tàchail de la détacher des s)stèllles communislcs cl d'entrHer la propagande phalanslérie1rnc. ~lais, foui cornmc le National, clic subordonnait les réfo,·mes sociales li la réforllle pnlitique essentielle, au suffrage uni1ersel. En 181,3, une polémique s'élc\'a, oi'I la /lé/orme réagit vigoureusement, li propos de l'achè\'ement des fortifirallons de Paris, contre le cham inisme agres,if du National; elle ne prit fin que sur les démarches conciliatrices de Louis Blanc. Les socialislcs et les ou\'ricrs coopérateurs n'étaient pas plus d'accord entre eux que les républicain•. La formule du droit au lra1:1il lnncée par Considérant était très , i1cmcnl critiquée par lo• rédacteurs de-l'AI•-

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