450 HISTOI.RE SOCIALISTE politique pure, c'est que celle doctrine soit pour lui, pendant les années de la transition, une pierre do louche à l'aide de laquelle il appréciera infaillible-- ment les institutions anciennes cl nouvelles. Quelle que soit ensuite l'époque du triomphe du bien sur le mal, peu importe ; le bien étant connu, c'est un de,oir de travailler à l'atteindre, dot-on perdre l'espérance de le loucher soimême. » .\ous entendons là, en mème Lemps qu·une très noble affirmation de l'idéalisme social, le thème initial des paroles si fortement expressives dans leur conci,ion dont, soixante a_ns plus tard, Bernstein de1ai1 fouetter la pensée socialiste : (< Le but n'c!)l rien, le mou,·crncnt est tout. » La notion du Out, en effet, peul cl doil être une pierre de touche, un cordial, un ,iatiqU<.\ tout, excepté un terme promis à l'acti, Îlé humaine. n,,,·er d'atteindre le but final, c'csl a... p1rer ù l'èll'l'IH'IIC pares ..c. de~ paradi-; t'Cligicux. )h.llb k·s co,nmuui~l<'s ré,oluliomwirc~ ,oulairnl d~s afJirmallons plus catégnnques, l'indication d\m but précis. L'wi d'eux, Joseph ~!ay, publia l'llumanitaire, dont le pr ..gramme, contrairement à la reltg10,ité el au ,aguc rhrî~tin::! me di::-tous l"s 101Hif':'~lrs c.orirtli"'t"5du t~mpi;.;, fut nf'ltf'Jll<'l'll matérialiste cl athée. « .\ous deruandons, ~ duit-il dit, l'aholition de la famille ; nous demandons l'abolition du rnariago; nous adopte>ns les arts, non comme délai,scmcnt, mais cornmc fouction ; nous prosrri,·ons le luxe; nous voulons l'abolilion d('s capitaks ou ccntn•:s de dircclio11; uou-.., ouIons la dislributiou des corps d'état dans les communautés d'après les localités ~t les besoins. » On remarque ici 1rn curieux mélange de communisme autorilairc et d'anarchie. c~ progrmnmc d'extrême-gauche rérnlutionnnire fui exploité par le rappvrteur· de la Cour des Pairs dan, le procès ()uénissct. Les partisans de Cabet 11cfurent pas éloignés de croire que l'llumanilai,-e était inspiré par la police ou par les jésuitrs pour donner un tc ..t.c aux calomnies dcS-ad\'Cl'l=iairr~ du communisme. Eternel malrnlcndu entre ceux qui lflèsurcnt les obstacles qui séparent la réalité de l'idéal et ceux qui poussent a,·cc sincérité leur logrqu~ jusqu'à l'absurde dans les idées, jusqu'ù l'impossible dans les faits. La propagande de 1'/111111anilaire exaspérait d'autant plus le,, partisa11s de Cabet. qu'à ce moment même il faisait d'acliYCSdémarches auprès des démocrates connus pour la réapparition du Populaire. JI H\:Ül créé une société en commandite par action!=di e cent francs, avec des coupons de dix fra~1<:s; et ses amis se multipliaient pour constituer le n,odesle capital qui pcrm!l au journal de paratlrc Ioules les semaines. En même Lemps, Cabet s'adressait à Louis Blanc, à Proudhon, à Pierre Leroux, d'autres encore, cl lcnlail de les inléres- .,,.,. il la transformation du Populaire en journal quotidien. Proudhon répondait mal à ses arnnccs et il écri,ait de L~on à un de ses amis : • Cah~t est ici en cc moment. Cc bra,·e homme me désigne déjà comme son successeur à l'apostolat ; je cède la succession à qui m'en donnera une lœ,sc do café. ,, li se moque des prêcheurs d'é,•angilesnou,·eaux : • Evangile
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==