Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

HISTOI.n.E SOCIALISTE cl d'autre pa, Lla lil,c1lé do réunion a,ail élé de fail abolie dès les premières années de la monarchie de Juillet. La librairie sociétaire était plus encore que le journal, Loul au moins avanl 1843, l'organe ,·ital de l'école, son cenlre d'activité. JI serait impossible d'établir ici la bibliographie fouriériste. Rien que de 1840 à 1843, îl sortît de celle librairie trente-quatre livres ou brochures. Tandis que Considérant y publi:iit une Exposition abrégée du système phalanstérien, une Défense du fouriérisme en réponse à Proudhon, Lamen- . nais, f\eybaud, Louis Blanc, etc., une brochure sur la politique générale et le tôle de la France en Europe, une autre contre Arago, une autre sur la question de la régence, une autre sur l'immortalité de la doctrine de Ch. Fourier, ses collaborateurs ne chômaient pas. C'étaient Edouard de Pompéry avec un volume, !'Exposé de la science sociale constituée par Ch. Fourier, et des mémoires lus dans un congrès scientifique ; Hippolyte Benaud a, cc une brochure de polémique sur le « monde phalanstérien » critiqué par un anonyme ; Cantagrel avec un roman de propagande in'titulé le Fou du Palais-Hoya/ et une étude sur les colonies agricoles de Mellray el Ostwald. Jean Leclaire, qui dernit, vingt ans arnnt Godin à Guise, faire participer ses om riers aux bénéfices de son cxploil:it,on et fmalemcnt les associer Jans l'cnlièrc propriété de celle exploitation, publiait en 1842, à la librairie sociétaire, des Dialogues sur la concurrence sans limites. Cilùns encore, parmi les plus connus d'entre les fouriéristes qui écri\'aient à celle épo,1uc : ,\Ibert Brisbane, qui ful l'apôtre du fouriérisme aux ElalsUnis, et essa)a, comme il dit, « d'adapter la théorie à l'esprit du peuple de ce pays-ci » ; ~!me Galli de Gamond a,·ec sa Réalisation d'une commune sociétaire ; Cabet a\'ec les deux volumes de son Traité élémentaire de la science de l'homme ; Pellarin, a, ec son élude sur le Droit de prop,·iéié. La plupart de ces ouvrages avaient parn d'abord, au moins par frag/Jlents importants, dans la Phalanae Classons à part Toussenel, qui écrit à cc. moment son ou\'rage .sur les Juijs, rois de l'époque, que ~!. Edouard Drumont, dans sa passion antisémitîque, appelle « un chcf-d'œune impérissable ». Toussencl a hérité de l'animosité de tourier contre les Juifs, qui rnyait en eux à la fois les conserv3lcur• de l'esprit familial cl les plus actifs agents du commerce détesté. li a vu se constituer la féodalité financière, où les saint-simoniens repentis surent se tailler une si belle part ; il a assisté à la formation des grandes compagnies de chemins de fer, des grands établissements de crédit, constaté le cosmopolitisme de la puissance nouvelle, el il a attribué tout ce mouvement historique à l'influence des Juifs. La vérité est que, écartés pendant des siècles des fonctions publiqnes et de la propriété du sol, les Juifs ovaientdû se rëfugier dans le commerce, mo- ,,

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