4?8 IIISTOI:I\E SOCI.\LISTE damnation sur eux, ne pouvaient que fal"Oriser le mou\'cment en faveur de la réforme. II lit sur le ministère, averti par ses amis, notamment par Lamartine et Emile de Girardin, assez d'impression pour le forcer à en délibérer en conseil al'CC le roi, d'autant que des propositions très modérées allaient être soumises à la discussion de la Chambre et qu'il semblait bien difficile de les écarter. ~lais, soutenu énergiquement par le duc d'Orléans, LouisPhilippe ne \"Oulut rien entendre et donna ordre à ses ministres de s'opposer à toute modification électorale et de laisser à l'argent toute sa puissance politique. Les propositions de réforme l'inrent en discussion dans les premiers jours de fél'rier. L'une, Mposéc par Ganneron, ramenait la question des incompatibilités, proposait que nul député ne fùt nommé fonctionnaire au cours de son mandat, ni pendant l'année qui suil'rait sa rentrée dans la vie pri,ée. L'autre, de Ducos, proposait l'adjonction des capacités à la liste des électeurs censitaires et mettait le sa, oir sur le mèmc pied que la richesse. Le ministère les combattit toutes deux. Dans une éloquente réplique, Lamartine qualifia le conserl'alismc de Guizot et son implacable immobilisme : « Si c'était là, s'écria-t-il, tout le génie de l'homme d'Etat chargé de dirigor un goul'crncmcnt, il n'y aurait pas besoin d'homme d'Etat : une borne y suffirait. » Le mot fit fortune, et désormais Guizot et sa majorité ne furent plus connus que sous le nom Je conscrl'aleurs-bornes. Mais la Chambre était impatiente de rcrenir aux affaires. Par leurs organes, notamment le Journal des Débats, les capitalistes la pressaient de s'occuper des chemins de fer, de leur donner les douze cents millions dont ils arnienl besoin pour construire le réseau projeté et l'exploiter à leur profit. Le ministère présenta donc un ,·aste projet d'ensemble, reliant Paris à la 13elgiquc par Lille et Valenciennes, à l'.\ngletcrre par l\ouen, le Havre et Dieppe, à l'.\llcmagnc par Nancy cl Strasbourg, à la ,\léditerranéc par Lyon, ~larscille el Cette, à l'Espagne par Tours et 13ordeaux, à l'océan par Nantes, au centre par 13ourges ; de plus, une ligne devait relier la Méditerranée au flhin par Lyon et Dijon. Thiers comhallit le système d'ensemble. Il in\'oqua d'abord les arguments budgétaires. « Je crois, dit-il, el je déclare tout de suite que les finances de la France sont, sinon les plus puissantes (car il y a à côté les finances anglaises), mais sont, a\'ec les finances anglaises, les plus puissantes de l'Europe. » ~lais, ajoutait-il, « nos finances sont engagées pour plusieurs années, sérieusement et gra\'ement engagées». Et il montrait le budget de 1841 qui, a\'ec ses 1,282 millions de dépenses et ses 1,166 millions de recettes seulement, s'était soldé par un déficit de 116 millions. Or, en face ùo cc déficit, il n'en fallait pas moins payer les 800 millions de dépenses supplémentaires engagées par le ministère du I" m3rs.
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