Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

lllSTOIRE SOCIALISTE 415 humain ne reculera \\!l'S le pas~c ; j(1mais il 110 Jpma11d~ra st.•cot1r:::atux rieillcs constitutions aristocratiques, quelle que soit la pesanteur de ses maux ; mais il che.,cLcra. dans ]es u~sociations \·oloutairc~, fondées sur lC' travail et la religion, le remède à la plai,, de l'i11di,i-lualisme. J'en appelle aux tendances qui se manifostcnt déjà ùc toute, part, ». Sous lrou\'ons ici les premières lignes de cc qu'on a appelé impropremeut le socialisme chrèlinn, et qu'il est plu, ju,lc cl plus exact d'appeler le christianisme socird. Cc n'c8l plu~ la prole!--latiu11 <le~ com,cnatcurs féodaux contre l'industrialisme cl le machini,uw, protestation uhliséc par les socialî~tcs dans leur critique Ju régîmc cnpitalistr. ('c-..,l un rnou,1'rnr11tqui ,a côtoyer la démocratie c;_tle c;;ocialismc,sou:,.,le n,'g.-1niinqu11..~t e complice à la fois des pni~sanccs ecclésiastiques promptes à le refr(·11cr lorsqu'il ira llop loin cl n-.quc1·a de mettre l'Eglise au sen icc ùu peu ph\ tlll lieu de se !Jorn·r à ètrc un 1110~ t'1L impo-.t.' pâr le rnall1t•urdt>-. tL~mp..., pour 1-.1mc1wr J,, pn1pl,~ au sen·icc de l'Eglise. ~lais ~i l'tgli::c =--c rapprochait d'un pou,·oir qui n·a,ail que <ks grâces pour clic, le pat·li qui jusque]~ s'était li<' :\ l'Eglise, cl pour lui complaire a,ait soult·,,; ,·011l1t• lui u11r ré-rolutio11, !,· p~rti ll•!,!ilirni--.tr ne <V·--arrnaipl n-,. Lui aus:::.id, an-.. cerlui11s tic '-C"' élénwub. fabail d(~...mn.ncc-.. à l:1 pui'-,an,·c nou,·ellc, à l'opinion. au ,cntimrnt démocratique nai!--sanl.\"ous :wons maintes fois remarqué que Berryer mettait un(~ sort(~ d~ coquetterie :\ rcrurillir les applauùi,scrnents des démocrates. Il en était de m~me de ïhateaubriand, qui enterrait pompeuscmcnt la monarchie défu11t(~cl fai~ail de .--es cruelles protestations de fiMlité à une dynastie sans espoir un hommage aux destins futurs de la <!émocr~lie.. Ln Ga:e/tc de France arnil pour directeur Genou, un prêtre qui a,·ait modifié son nom palron)miquo, cl l'arnit anobli en l'entourant de deux particules, cc qui le fni,ait « de Gcnoudc "· Son idée fhe <'·tail l'alliance m cc la gauche. « Aucune rebuffade, dit ~I. Thurcau-Dangin, rre dt'couragcait ses avances. " Il fonda m~me, ,\ ses frais, une feuille démocratique, la .\'otion, qui ,·érul peu. Le premier, dans la presse, au lendemain de 18:30, il arnit demandé, lui, légilimisle intransigeant, le suffrage unirnrsel. Il était de cette école de conservateurs, florissante encore aujourd'hui, qui altendcnL toujours la réaction d'une pous~éc de ré,·olulion, et travaillent conscicncicn,emcnt à faire, comme ils disent, sortir le bien de l'excès du mal. Le 11 jam'ier 1841, il publiait dans la Gazette de F'ri,nce les lettres de Louis-Philippe émigré, écrites en 1807 el en 1808, dont nous aYons donné des extraits dans notre première partie. Dans ces lettres, oo se le rappelle, le fils de Philippe-Egalité se déclarait Anglais, demandait aux Espagnols un commandement conlre"'les armées de :\'apoléon, aux puissances la souveraineté des lies Ioniennes, alors occupées par la France. Venant au lendemain

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