400 IIISTOlRE SOCIALISTE dut (~,primer la pcn:;éc intime de Louis-Philippe, la sienne propre, d que les pui,sanc<>s, tenues en échec par les moyens purement dilatoires qui lui étaient indi,1u~, de Paris ou suggérés par son esprit fertile en ressources, aperçurent bîrnh.'tlqu'i.:llc~ pourraienl agir sans se gêner, cl au bc~oin SQ passer du concours de la France. Dans les Chambres françaises, on attendait Guizot au discours du trône, .a, cc beaucoup plus d'impatience el d'anxiété que dans les cours cl dans le! cabinets étrangers, où l'on savait désormais à quoi s'en tenir. Ce n'est pas qu'en France on l'ignorât, mais on était curieux de sa\"oir comment Guizot so tirerait d'affaire, et si ses déclnrations seraient acceptées par la majorité qui mail ,ui,i Thiers docilement, el l'eùl sui,i de même s'il était resté au pou,oir. I! foui cependant noter qu'à Londres et à \ïcnne on ne fut pas absolument indifférent: la Chambre pouvait al"Oil'un sursaut de patriotisme, le peuple lui-même pournil s'agiter et la pousser à des résolutions extrêmes, forcer Louis-Philippe à opter entre la guerre et le lrôno. Et on savait qu'il était fort capable de lâcher IQ tigre plutôt que de rester enfermé a, ec lui. ~i le ministère est renversé, éerirnil dans cc moment Louis-Philippe à son gendre, le roi des Belge~, « point d'illusions sur cc qui lo remplace ; c'est la guerrn à tout prix sui\"ie d'un 93 perfectionné ». Et il lui donnait cet a\"is, destiné aux signataires du traité du 15 juillet : « Dôpôchons-nous donc de conclure un arrangement que les cinq puissances puissent signer. » On voit par celle lettre que le roi lâchait, sans compromettre la paix, de faire rendre à la France les arantagcs que lui avait fait perdre le traité des quatre puissances. Il serait donc injuste ùc lui ôter le bénéfice moral do celle démarche en la passant sous silence, ou de n'y ,oir qu·une tc11lati,·c do rentrée on gl"i\ce auprès des puissances, moyennant quelques concessions de forme à l'amour-p,·opre national. Le di,tours rut d'abord lu aux Pnirs, scion la coutumo. Il affirmait la paix à tout prix, dans un développement de phrases où étaient proclamés les droits de la !'rance et le souci de sa dignité cl de sa sécurité. Quant au traité du H'>juillet, c'était un él"énement de peu d'importance, destiné à régler un conflit lointain. et qui no touchait pas aux intérêts directs et essentiels du pays. L'ach·c•,c rn réponse aux discours de la couronne fut volée par les Pairs sans discussion. · Hc,tait la Chambre où Thic,·, a\"ait fait blanc d'une épée qu'il n'arnit pas tirée du fourreau, mais seulement agitée en un vain bruit de ferraille. Mais l'opposition était fort réduite, et tous ceux qu'il 'avait enchainés à son ministère ne l'y sui\ircnt pas, il s'en faut. Quant aux autres, ils avaient eu peur de la guerre, s'en étaient crus délivrés lorsqu'il avait quitlé lo po1.1voir. Leut cœur avait trop , iolemment ballu à la baisse de la Bourse, pour ne pas lui en garder rancune. " On a souvent remarqué, dit à ce propos M. Thureau-Dangin, que, quand elles ont peur, les parties d'ordinai"re les plus calmes et les plus inoffen-
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