Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

IIISTOI-IIE SOCI.\I.IS'I E Quand on méconnnit cc que ,aul le ressort de la nationalité, on mérite de perdre le scnlimC'nt de la la11guc. )> Quinet répondit ù l.a111alli11e, dans la Hcvue des /Jeux Mondes également Ne livrons pas sllôl la France en sacrifice Au nouveau Baal <1u·on appelle unité. Sur ce vague bOcher oû tout vent est pro.,..lce, Ne brOJons IHt! nos dieux de,·ant l'humanité. L'humanité n·est pas la feume vagabonde., Sans 1mys, sans r1c1ne. enrant de l'aquilon. C'est le lleu\'e enfern:é dans le lit Qu'il féconde, Parent, époux des cieux mCJés à son limon. Pour dl!Sarmer nos cœurs. apprh•olse le monde. O'avance. fl l'avenir, a!Hu "ersé la paix t Et du Nord hérissé Je sanglier qui gronde, De ta muse de miel a-t-il léché les tratts t Le Rhin sous ta na.ceile endorHI son murmure ? Que la France puisse y boire en face du Germain. L'haleine du glacier rouillant leur double armure. Deux races aussitôt se donneront la main. Ain.!:ii, mènt<Jpour Quinet. qui étail démocrate el <Jui, conn~i•ssant l'.\llcrnagnc, savait que nul .\llcrnand de la ri, c gauche du llhin ne voulait être Français, la réconciliation étai! /J cc prix : annexer des Allemands il la F, anec, \ioler en leur personne le principe des nationalités, les sacrifier il la géographie et à l'histoire ! .\lusscl admira le poème de Lamartine. Dans une réunion « d'ouvriers ,'11 poésie» chez ~lmc de Girardin, il en récita une strophe qu'il savait par cœur. Puis, excité par l'hôlcssr clu lieu, par Balzac, par Théophile Gautier, il y fil une réplique en un <1uarld'heure. « On lui c · :tit donné, dit ~!me de Girardin, tout cc qu'il fallait pour tra\'aillcr, - du papier, des plumes el de l'cncr,, ? clone ! on lui al'ait donné deux cigares. » /\u bout d'un quart d'heure, « ks cigares étaient consumés, fcs l'ers rimés,,. Nous l'avons eu, ,·otre Hhln allemaod. Il a tenu anns notn? Yerre. Un couplet qu'on s'en va chantant J~ff'ace-t-11 la traco aJllère Du pied. de nos chevaux marqué dans votre sang. En publiant cc chant do provocation et de haine, la llevue de.• Veux .\/ondes estima que <c le spirituel poète» donnait une expression plus énergique cl plus vraie d'un sentiment nationnl » que l'auteur des J\/édilalions. C~lui-ci a jugé •é1 êrcmcnt les « strophes railleuses el prosalques » que le public porte aux nues " engouement, dit-il, qui ne prou\'c qu'une chose : c'est que le pntrioti,mc n'était pas plus poétique qu'il n'était politique en ce temps-!.\ ».

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