384 IIISTUII\E SUCI.\LIST,: Thicr, fil de l'équilibre c11llc ces intérêts hostiles, et profila de leur hostililé·pour rnainle11ir ù 49 fr. ;:,o la taxe sur les sucres coloniaux et élever de 15 à 2ï francs la taxe sur les suc1·cs indigènes. Prnfit pour le Trésor, dira-t-on ? Non, puisqu'en so1111110c11 rr11chérissait u11cdc1u-éc et qu'on en ralentissait ainsi l'accroissc111c11t de consommation.. \ cette époque déjù. les Anglais consommaient annucllerne11l li ois fois plus de sucre que los Français. Cette proportion n·a pas été moJifié<' depuis, les gou,·crncmenl~ qui se sont succédé jusqu'à cc jour a)ant toujours suivi la pratique d'alors : équilibrer les intérêts des producleurs loul en cédant aux plus gros, tirer pour le budget des recette~ le meilleur parti de- la situation, co11sidérer la masse des consommateurs co1nme ranço11naGle à merci. La loi rnlée, force fut de revenir /i la politique. La loi des incompatibilités avait bien élé enterrée le 16 mai par un discours de Jaubert, battant le rappel parlementaire autour des lois d'affâires, mais clic a,ait déchainé dans le pays un mom emcnt considérable. L'opposilion avait fait une campagne directe, non pas seulement pour la loi des incompatibilités. mais pour la réforme électorale tout entière. Ocs pétitions arnienl été déposées sur le bureau de la Chambre par Arago. Par une ~orle de bra,·adc, le rapportrur désigné fut un ancien membre de l'opposition, Golbéry, que Thit'rs ,euait de 11omme1·procureur général à Besançon. On , oulait la réforme éh·ctorale. ch I,ien ! on n'aurait pas mème la loi des incornpalihilités, et c'est un des députés ,·isés par celle-ci qui allait faire le geste qui rejetterait celle-là. Golbéry arnit d'ailleurs beau jcn, non seulement de par l'iinmcnse majoritç résolue /1s'opposer ù toute réforme, mais encore du fait que les partisans de la r·éforme étaient profondément di, isés. Trois systèmes étaient en présence : celui du suffrage uni,·crsel et direct, celui de l'extension du droit de suffrage el celui du suffrage à deux degrés. Pour le prcmic,·, le rapporteur demand;,it q11<i la Chamhre passàt à l'ordre du jour. Pour le second, il distinp:uait : tout en écartant par l'ordre du jour les propositions tendant à rendre électeurs tous les gardes nationaux, comme trop proches du suffrage uni,ersel, il renrnyait à l'examen du président du Conseil cl du ministre de l'Intérieur celles qui n,aienl un minimum de six cents membres par collège électoral, el celles qui conféraient l'électorat à la seconde liste du jury. C'était aimahlrmcnt dire au poil\ oir : vous choir...ircz ,·ou~-mêmc les nouveaux électeurs prirrni les citoyens qui n<' pnicnt pas le r.cns exigé. Le pouvoir,1 résolu fi n'accepter aucune l'éfo1nw qui entam:11 I<' r~gime ccn~itai,-c. fit la sourde orcille, ou plutôt se déclara nettement opposé à toute modification du statut électoral. Thiers refusa de mèmc l'examen des propositions secondaires que lui re,woyait le rapporteur : l'abolition du serment cl le mie au cheC-liei'd.Iu <léparlcmcnt. La loi éleclorale dorait être intangible. De toute la gauche, seuls les radicaux appuyèrent la réforme éleclorale.
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