Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

lllSTOl llE SOCIALISTE de\OII'. 1,·autrc pnrt, il ne \oulait pas s';iliêner le-:,,oix qu'il a,ail à droite. Pour celle ... l'i. il prucb.1111a qut.'. s'il uc ~·oppo~uit pa~ ù la p1·isc en com;idération c'était pal'CC que le projet n'arnil en ric11le caractère d'une réforme électorale. Du mé111ecoup, il pcrn1e1tail à la gauche de , oler le principe des incompalibilitè,. Elle pourniL s'en rapporter à lui pour ne pas laisser aller les choses plus loin. El, dC' fait, il 111a11n·u,ra en con~éqtH'llC•' et fit mettre en lèlc de L'ordre du jom· une ,érie de lois d'affaire,. \iùé de Jouhcrl, ministre des Trarnux publics, il montra de grands inlérèls matériels en souffrance, et sollicita pour eux l'attention de la Chambre. C'était tendre l'hameçon au bon endl'Oit. Les chemins de fer, les salines, les cornpagntc~ de na., igation, les sucres, la con, crsion ellemême, allcndaienl des ,olutions conformes aux intérêts capitalistes .. \liait-on, pour une misérahlr que,tiou de p1·incipc, négliger les seuls objets dignes de la sollicitude pal'lemc11tairc ! D'ailleurs, depuis le ï a, ril, le projet Joubert sur les chemins de fer était déposé, et le ,·apporteur, Guslare de Beaumont, a1ait fait diligence, car les concessions de 1838, sauf celle de Strasliourg à 13àle, étaient en détresse. C'était le momenl. scmble-l-il, pour le ministre de reprendre son projet de 1838. Le système des concessions à des compagnies ayant donné des résultats désastreux, il n'y avait plus qu'il appliquer celui de l'exploitation par l'Etat. Mais Joubert élail re,cnu de son idée première. Puisque la Chambre n'avait pas voulu de son système, il 1ùn reparlait plus, alors qu'il eût fallu en parler plus que jamais. Thiers, d'ailleurs, a,ouait en ces termes, lui qui avait élé partisan de l'exploitation par l'Etat, le plaL réalisme qui guidait sa politique : « Nous proposons le système des compagnies parce que le système de l'exploitation par l'Etat ne réussirait pas auprès de la Chambre.» L'ancien projet donnait à l'Etat les grandes lig~es, cl laissait aux compagnies les lignes de raccordement el les embranchements. U nouveau procéda tout à l'opposé. Les capitalistes voulaient faire grand. :\lais comme ils ne se sentaient pas de taille ni de nature à se ca.ulio11nf'I'eux mêmes dr\anl l'éparglic, ils appelaient l'Etat à leur secours. L'Etat répondit docilement à l'appel. La Chrunbrc ,ota donc une p,·ise d'actions des deux cinquièmes et une garantie d'intérêts pour la compaf(nie d'Orléans, consentit un prêt hypothécaire aux chemins de fer de Strasbourg il Ilâle, d',\ndrézieux à Roanne ot de Paris à Rouen, el décida de consacrer vingt-quatre millions à l'exécution par l'Etat des chemins de Montpellier à .-;1mes, de Lillo et de Valenciennes respectivemenl à la frontière belge. Seul, Garnier-Pagès fil opposition sans faiblesse ni répil. Mais que dire à une Chambre assez imprégnée de l'esprit capilalisl.e pour que le comte Ouchlltel ptlt y émeUre des aphorismes lei que celui-ci : « L'Elal doil se réserver Ioules les chances de ruine pour en préserver les compegni• t •

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