Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

IIISTOll\l:: :,OCL\LbTE 3ï5 -------------- -------- tiuns Oll\l'Îères, ül il eut parrni se::; coll;.1l,oralcu1~ de::, l1·a,ailleur~ manuels, dc:i ..::ommunisleb tcl::r que S<.Har~ cl .. \uircl, l>1e11 qu'il 11c cachùl pmnt son u,el's1on pour les :sectaires l< do je ne sais quelle lll)~t1quc tl1éonc de fa.usse égahlè ». Tel esl, pour celle année 18',U, lo lHlan <le la classe oll\nèrc pariswnne. Les grè,cs de juin à ~cptcinbrc n·uut poml pa~:-.èen ,a11L lJcs idée::, sont entrée::, dan::-les cencaux, qui n'c11 :-.orl1ro11l plus. I.e~ trU\.11licurs commencent a :;enl1r la nécessité <le groupcmc11tsper11wnc11b. Pu1:-,qu·c11 lô0U les patrons imprimeur::,ont pu l'ou<lerou,:01te1uc11lune Gharnbrc b)lld1calc1 pourquoi <loue leurs ou\ riers n'en fcraicut-ib pas autant ? Héu11î::,sa11l a trentaine de sociétés de secours mutuels de la corporalio11, ds fo11<lcnl a Société typographique, q~i comptera UicnlùLJourn cc11b 111c111h1 c::i, la moitié de.:,membres de la corporntion. Les co1'<lonnicrs, tant éprou\éb pnr la grè,c, sc11lc11I le besoin d'une organisation permanente cl fondent la Lauoricu,c, qui l'ail le plaecmenl des camarades bans ln\\ ail el leur donne un sccour-; <le ch0111og.c .:\lais ~ous le cou, erL de celle caisse de chùrnage, un fonds de grè\ e peul se crecr : l'acl111inistrntion n'autorise la L,1boricu~c ù , t\-rc qu'ù la co11dîtio11 d'im-crirc Jans ses statuts que (< le ::-.cco11rs((UOtidicn ne sera pa.:, accordé dan~ le cas de cessation rolontaire cl concrrtéc du travail, ou bien <l\tn chOmagc ré~ullant d'une coalition qucleonquc des Oll\ riers sociétaires >•. \ou, a\'ons dil qu'il n'existait à l'époque qu'une société ou, rière de production. sans cesse do1méc en exemple par les rédacteurs de l'Alelier. Celle association des ouvriers bijoutiers en doré n'étail d'ailleurs connue du public que sous !a rni,on sociale Leroy-Thibaut el l'ornpagnic. Buchez en avait élé l'inspirnleur. Elle complait di,-huil mcmhrcs, tous catholiques pratiquants, car c'était une condition es,entielle d'admission. Chaque associé dC\·ail communier au moins une fois l'an, on commençt1il les ns,cmblées par la lecture d'un chapitre de l'Evangile et, le dimanche, les apprentis étaient conduits à la messe. En cela, ils se comportaient en fidèles disciples de Buchez. « Comme c'était une grande œuvre de transformation sociale qu'on se proposait, dit Corbon. el qu'il s'a,rissail moins pour les fondatcu,-s de s'a!franchir personnellemelll que de se dé\'ouer ù l'aITranchissemelll du peuple enlie,·, c'était à un véritable apostolat qu'on les appelait. !\ussi regardions-nous eomme condition essentielle de succès la parfaite coacordance des opinions politiques- el morales entre les associés ... C'était quelque chose comme un ordre religieux et socialiste institué au sein de la société ci, ile, el pour la régénérer. • Si peu nombreux qu'ils fussent, el si homogènes par leur foi religieuse commune, les associés n'en élaienl pas plus d'accord pour cela. Ils durent même plaider contre deux d'entre eux qui avaient lenlé de s'emparer des fonds q,ii leur avaient été confiés et qui étaient placés sous leur nom. La société

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