Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

IIISIOII\E ~OCl,\LISTE :\67 de l'irruption >1, et dut, lui qui était « le seul représentant de la force populaire organisée " se borne,-, nous <lil La l lodde, « à des pourparlers n1ec les meneurs, essa~ant de prêcher <les \icillcric~ déinocraliquc~ qui 11c furent pas écoutées ». Il n'a,ait trou1·é « rien de bon à dire dans le malentendu ,,. Le policier déplace ici le malentendu. Ce n'est pas entre les oui r,ers cl les pati·ons c1u'il C)..islail, mais c11lrc le-. ré\·olutionnaires qui parlaient de république et de communisme. et les ou, ricr:-,qui rcpondaicnt traHtil ù la journée et suppression <les marchandcu,·s. ("était la première rencontre du socialisme et du s~ndicalisme. celui ci encore impénétrable, point encore dégagé même ilu particulari$me étroit où le tompagno11nage I'a1ait enfenné. Lc.s ou,·rie-rs, clans leur ina$SC. co11:-.idért're11l le'- co1nrnu11..i. 1c~ du mè1i1e œil qu'ils consiùê1·::iient les <lémocr.il1...•-- qui leur montraic11t, dan.. le ,\alional, que la question du tr,11ail était ,uhonlonnéc a la réforme électorale. aux droit-; politique"-; ch.rn,ui...,au ..:.1Jari,·. Pour eelui ei, C<'5 poltticîcns étaient aussi peu dans la question que les politicien, ré\Olulionnaircs. li ne Youlait pas faire de politif(ltC, rnais g:1g11l'r w1 mcillt'ur ... alaire. èlrc moins exploité. Le mou\'cment OU\ ricr dl'11H'ura donr :1ha1ulo11nf ;"1 sr.... proprr.., rnoycns, à ..,espropres forces, qui, rapid<'nwut. -..'(-pui-..t\n~11t. Lt'"' to11tlamnatio11._ pl"u- \aienl cornmc Q;r~le, les grè, îstcs ..c. dt.\mor,tli'-t\rr11l. :-.ed, ... loquèn.·111. et bientôt le trarnil fut repris sur toute la ligne. I.e, délégués, les syndics, les présidents des corporation, furent frappés de dures peines : ceux <les tailleur~, l'un à cinq ans de pri..o. n et di, ans de surn·illance, un autre à ffois ans de 1 )rison el cinq ans de sun eill:rnce ; parmi ceux de.., menuisier-;, il y en eut un qui fut frappé de deux '"" de prison et dcu, ans de ,un,·illance. Pour les tailleurs de pierre, les :--rrruricrs, le:- cordonnicrs1 les ébénistes, pour tous enfin. la sé1érité e111ers les" ,neneurs » fut implacable. Les autres s'en tiraient 3.\'CC des peines \:trianl dC'trois mois fi qt1i1uc jours. lJ ~ eut peu d'acquittements pour les accusés qui défilèrent, pa,· douzaines et par \'ingtnines, de1·ant la sixièine chamhre correctionn~lle. Celte dure répression put mellre fin il la grè1·e, mais elle créa des liens de solidarité entre les persécutés, dont les groupes sortirent à ce moment du particularisme borné qui leur ùtait presque tous les a1antages de l'association. Ils comprirent la vanité de l'esprit corporatif et, lout en défendant entre cm: leu,·s intérNs respectifs de tailleurs. de serruriers ou de charpentiers, ils apprirent à défendre en mème temps ceux de la classe oui rière tout entière. A l'imit.ation de ce qui s'était fait ù Lyon dix ans auparavant, quelques ouvriers fondèrent, à la fin de septembre 1840, un journal qu'ils nommèrent <',q>rt>Ssl\•ement !'Atelier. et qui f11t rédigé exclusi1·cment par <les ouHiers. Buchez, qui a1·ait. quitté le saint simonisme dès les premières divagations d'Enfantin, était leur inspimtrur, .et il tra1aillait de toute son ardeur à les

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==