Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

IIISTOII\E SOCI.\LISTE leur incurie produisait une de ces h,'catombes ou,·rières qui aggravent de misère noire le deuil des sun·ivants: Il« prescril aux maires de se faire représenter les cadH,·1•('s d1:s YÎdimC''- d'n('cidcnts». Pourquoi donc. en FrancC', avait-on tant tardé à prolég('r la tendre chair a travail des enrauls :> L',lnglclerrc avait, en 18J3, amélioré sa loi de 1802. L'.\utrichc cl la Prusse lin1itairnl, elles au~:;i, le tra\"ail enfantin. Le travail élait-il moins p(•niblt\ ici que là, ou les cœurs plus durs et p'us r(•1·més? ~ous avon ... dit la misère dt.•~ pclits ouvriers anglais aux cnvirof1s de lh.'m, et montré que C('IIL• de leurs <·amnrad..s fraiwai-.; tH' leur cédait guère. l.11 nwu,·<'nwnl de pitié de~ industrit'ls ais w·1·n:-. n'avait p8b (•li dl·('ho. C'(·tait ,·e1wndanl le l1.•1np:, où, dan-.. ltl Parh•11w11tanglai-... lord .\-..!JJ,,~- prop(),·til dt• rl·duirP à dix heur(•s la durt'r du lra,·ail dP:-i rt.•111111P:-i d dP!--Pnfanb-. lloh,•rt Pt>cl n,mbattil celle motion PH invoquant la t·orn·urrp111·1• d11rng\•n'. l ·n llH'lllhrl' dt•:-i Communes, alor'l:i, rngafwa Jp minislrC' ù P11la11wr d<•:; lll'g1wialit)n..;, a,·i•e I,•.., gou\'crncmcnls curopl'Pns pour établir une limitaturn unifor1nc du tra,·ail dan~ tous les pays. li fut répondu à cc noYalcur en avan(·p de trois qual't::, <le~ièclc que « la diplomatie n1aYait pas coutume <le traiter de part>illt.'~questions, qu'une semblable négociation ne produirait aucun résultat ,. La bourgeoisie française n'avait pas do telles audaces. -"éanmoins, les onqu/:t.,, de \ïllcrmé, de Blanqui ainé, d'Eugène Buret avaient secoué l'opinion, dénoncé le mas::mtre d'innoC'cnts auquel se li,-rail Ir patronal. lis avaient dit 1c tit1rmena~ orrrofablc, la« torture• qu'on infligeait à dos enfants de six à huit ans, forcés de rester, sciz(• ù di,.sepl heures debout chaque jour, dont treize au moins sans changer de place ni d'allilude •· 11savaient crié, cl il avait bien fallu les entendre, el a,·oir honte, qu'à Heims « les coups et les rnaurnis traitements» élairnt • chose habituelle et permanente•· J'ai dit, dans la prc,nii•rc partie. n'a,·oir rien trouvé dans les enquêtes françaises <1ui approche le martyre des petits ouvriers anglais. Il faut me rétracter, car voici qui rail identique le martyrologe cnbntin des deux pays. L'ln,/11slriel de la Cïw111pag11e du 2 octobre 1835, cité par \'illermé, dénonce des Hahli,scrnents de la ;\ormandic • où le nerf de bœuf figure sur le métier au nombre d1\s instrurnents de travail ». Dans les moments de presse, on traYaille la nuit cl quand les enfants.« succombant au sommeil, cessent d'agir, on les réveille par lous les moyens possibles, le ncrr do bœuf compris •· )[ais \ïllermé déclare que c-e fait est • une rare exception ». Il ajoute:. Quand bien même les enfants ne soraicn t pas employés dans les manuractures, ils subiraient les mêmes mauvais traitements. C'est là le malheur de leur naissance. • Car ce n'est pas parce qu'ils sont ouvriers qu'on les bat cruelle~enl, mais parce qu'ils spnt Ms enfants, des faibles, ot ceux qui les battent sont des ouvriers oux-mênws, achamés à la tâche ol croyant défendre leur salaire en travaillant jusqu'id'épuiscmrnt de leurs forces cl de celles des enfants.« A Ro11en, dit VillPrmé,, les tribunaux onl eu souvent àsévir contre• l'odieux abua... envertu duquel

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