328 11 ISTOI I\E SOCI.\LISTE titutionnelle, qtoi veut que le roi règne ,,t ne gouverne pas. JI travailla donc à rapprocher Guizot de Thiers, et y réussit sans trop de peine. Il lut décidé que la di,ctossion des fonds secrets serait le terrain de la bataille contre le ministère. ~lais, gêné par ses souYenirs et par ses espérances, Guizot mena mollement le combat. Cet ancien et futur ministre connaissait trop l'emploi des fonds secrets potortritiqtocr à fond l'institution. Il dédarail d'ailleurs qu'il les voterait, quelques reproches qu'il eùt à faire au gouvernement sur leur emploi. Les coalisés i,taient . p,,,·dvs d'avance. Celle bataille gagnée, le gouvernement en perdit une autre, plus importante, non pour l'existence même du cabinet ~loir, mais pour les conséquence• que cette délaite devait entrainer au cotors,te notre histoire économique et sociale. Très promptement, il faut le dire, le ministère se résigna à une délaite, qui n'était qtoc celle d'un principe et le triomphe drs ,·apilalisles à 'l'affût des bonne, entreprises. C'est du programme d'exécution des grandes lignes de chemins de fer que je Yeux parler. En 183ï, l'accord était à peu près unanime pour ne concéder à des compagnies que les petites lignes de chemin de Ier et pour réserver à l'Etat la construction et l'exploilalion des grandes lignes, tant à cause de leur caractère stratégique que de leurs rapports avec le développement du commerce et de l'industrie. Et, si l'on avait demandé que l'Etat donnât une subvention de vingt mil· lions au chemin de Ier conduisant de Paris en Belgique, c'était précisément parce qu'on entendait, scion le vœu exprimé par Mallet, de la Seine-Inférieure, l que l'Etat se réscn·âl la haute main sur celle entreprise Le 26 lévrier 1838, croyant certaine l'approbation des Chambres, Martin (du '\ord), Mposail, en sa qualilé de ministre desTravaux publics, un double projet de loi sur la n~vigation intérieure et les chemins de Ier. Jaubert, un des plus fervents partisans de l'exploitation des chemins de fer par l'Etat, s'était rail, lors de la discussion de la concession du chomin de fer de Strasbourg à Bâle, le héraut dt1 projet gou\"crnemcntal. li constatait <[UC l'idée <l'exploilation par l'Etat qui, l'année précédente, « s'<'lait produite assez isolément» arnit lait depuis• des progrès dans le public», et il s'en félicitait, car elle reposait• sur une idée éminemment gouvernementale ,. Crprndant une crainte perçait dans le discours de Jauberl, inspirée sans doute p;1• les manœuvrcs auxquelles se livrait le monde des affaires, enfin averti de J'i,nporlance des chemins de fer et désireux de ne pas se laisser évincer d'un aussi excellent Lerrain d'exploitation. • La Chambre, disait-il, a reculé devant l'idée de ti,·rer aux compagnies tous les chemins de fer; elle pourra bien reculer devant l'i<l(,c M les monopoliser au orofit du gouvernement ». Ce n'était pas la crainte de donner un monopole de pl11sau gouvernement qui allait faire reculer une Chambre dont plus du tiers de ses membres étaient des fonctionnaires, mais le désir, beaucoup plus réaliste, <ledonner au capitalisme le champ d'aotivité impérieusement réclamé au nom des saines cloctrinca de l'économie politique.
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