Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

320 Il ISTOIRE SOCI.\LISTE Fourirr, surtout. a montré que, dans une sociMé organi... t\f\ sur dPSrapports d',·~·han~•• ,,t non plus sur des rapports r,;odaux, les problèmes politiques sonL subordonnés aux problèmes économiques. Qu'est-cc que la liberté pour un homnw qui n'a pas de pain? :-iè dépend-il pas élroilemcnL de celui qui lui donnera du lr.wail ? Si ,·ous Youlez le faire libre commencez par le libérer de sa scrvitudP o'ronom'<1uc.Les révolutions cl les chart,•s ne sont que des lrompc-la-raim. Seule l'o,,ocialion, donnant à tous porL aux produits du sol et du lra,·ail, pourra faire ce que promellenL les, charlatans• de la philosophie et de la politique. Cc réalisme éronomique l'l sociol dc,·icndra le mott•rialismc historique sous la plume de ~larx cl Engels. On Yoil à pr,·,cnl tout cc que le socialisme moderne doit à Fourier. Il nous a bien parlé de la bonne raclée qu'il faut administrer à l'accapareur. )lai-, il ne croit pas nécessaire d'en \"C.>nir à <'C moyen cxlrêmr. Il surfil aux pro• duc leurs de s'entendre, de s'associer, de se passer des intermédiaires. Trois élém0 nls concourent ù la production : le capital, le laient cl Je travail. Fourier les fait pa,·- ticipcr au profil. Puisque, par l'association, le pauvre peul de,·enir rid1c cL le rirhr s'enrichir davantage, pourquoi crlui-ri boudrrait-il au sy:,lème? L'inventeur allend donc avec confiance le capitaliste inlclligcnl qui lui permettra de réaliser un premier essai, dont l'exemple sera si concluant que bientôt le globe entier se couvrira de phalanst~res. En allrndanl qu'apparaisse le capilalislc espéré, des disciples sont ve:ws à Fourier. JI n'en a d'abord que cieux: Just ~lujron, son compatriote, cL Hubat, son ncyeu. Puis viennent d'autres adhérents, tous pclils bourgeois de Franch •- Comté, séduits par ses livres: \ïctor Considérant, alors âgé de dix-sept ans, Clarisse \ïgoureu,, Gabcl, Gréa, Godin, un juge do paix. En 1829, ~luirou fonde il 13csanr,onl' Impartial , dont il offre à Proudhon, alors correcteur d'impr:mcr:,•, 10poste de rédacteur en chef. Proudhon refuse. Un peu plus lard, la rr:,c saintsimonienne lui amène quelques-uns des dissidents: Jules Lcche\'allicr, Transa•,, puis Pccqueur. lin groupe de propagande est désormais formé autour de Four:cr. On commence it parler de ses livres. Le Trailé d'Associalion domPstiquc agricole a,·ait eu peu de lecteurs, mais la critique s'en était occupée, et le .\"ouo•eau.1/u,u/e ind11striel, publié en 1829, suscita de, polémiques assez nombreuse,, dont Ioules no furent pas hostiles ou railleuses. Les disciples organisèrent des conrérenccs, mais clics curent peu de succès. Toute l'allenlion était portée alors sur les saint-simoniens. Il faut le dire: saur Considérant, alors loul jeune et qui ne dcYait prendre son cnYcrgure que quelques années plus tord, l'entourage de Fourier était plut,lL médiocre. '.'iul de ses disciples n'avait embrassé sa théorie dans Ioule son étendue. Les uns en retenaient surtout les cxtra,·aganccs, les autres la théorie d,• l'aLlraction, les autres n'y voyaient qu'une formule d'association agricole cl industrielle. En 1832, Pourier cl ses disciples fond-'nl un journal hebdomadaire, le Pha- /a11stère, qwi s'intitule quelques mois après la Réforme industrùlk ou k jPhalans·

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