Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

IIJSTOIHE SOCIALISTE 311 récompense airlSÎ leurs ser\"lrcs.qurllc quf' soit leur nat un1 • Une u hayudèr" » qui a plu aux hommes y a autant de droits c1u'un sanrnt qui lüSa ('llJ'Îdli~ d'une découYerle: à ceux qu'elle a r(\jouisde se rèunir el d(' lui ,·oter la récompPO'H' !1,~ sesSC't'Yicrsamourcux. Un ambitieux aspire au rang suprême : qu'il IP ronquière dans l'ordre des tra,·aux où il e,t le plus porté à exceller. Si ceux qui ont vrofité de ses travaux veulent lui payer S<'S scrvic1 1s (Ill lui donnanl un titre de césar. de calife ou d'empereur, c'est leur droit. Car la phalangen'est pasun unîvcrsqui SC' suffit à lui-même, sanscommunication a,·ec le reste du monde. Toutes les phalanges sont associées sur le globe. pour son exploitation rationnelle. Elles lè\-ent des armées qui entrent en lutte les unh contre les autreS, non pour s'exterminer, mais pour défrirherdC"tlai nd s a~:;ninir des marérages, conquérir des dt'serts à la culture, reboiser des montag11t.•s. C'11..;t l'harmonie universelle dans l'infinie ,·ariélé drs efforls, dans la mulLiplr eomhinaison des as~ociations pour chacun des gestes de l'honunr, pour rxprimn diarun de ses désirs cl satisfaire chacun Lieses besoins. Comment amenC'rIC'shornrncs à se réunir ainsi scion les lois de l'allratlion passionnée ? En leur disant les beautés du mondr d'harmonie. C'est it <1uoiFourier ne manque pas, entrant dans les plus minutieux détails cl poussant ju,qu'au délire logi<[UCles conséquences de ses prémisse;;. C'est ainsi qu'il partira de ,·rlt1• idée très juste quo les travaux publics ont une influence sur la climalur-c,un sol reboisé cl iniguô poun'lnl nourrir des milliers d'hommt'Sau lieu d"Ctrcpour eux un d~srrLqu'ils lravt'rscnL à la hâte; puis, emporté jusqu'aux C'Xlrt•mr.5 dî,·aga. lions, il imaginera la salure marine lransformt.•en une limonade agrt'able au goüt. Lrs hommC'pSeu,·cnt créer dt's ,·ariélf.\sde plantes cl d'animaux, mêmr drs rarr.-, nouvelles. En harmonie, surgiront, de l'uni,·ers transformé, des unti•lions rl des anli-baleines que l'homme utili;;era pour se transporler rapidement pai· terro cl par mer. Fourier, ici, montre bien peu de confiance dans les cl1emins de fer et le, bateaux à vapeur. Cependant, il re\'t~ndiquc l'invention des chf'rninsde fer, mais il ne le fait qu'en 1835. « A l'âge de vingt ans, dit-il (donc en lï92), j'arnis inwnlé le chemin de for aveo câbles rcmor(1ucurs cl rétenlcurs sur les points culminants ... J'en parlai à de beaux csprils qui se disaient capable,, et qui me prou,·èrcnt. .. <tue celle innovation ne serait d'aucune vaJcur, que les frais excéderaient de beaucoup les économies. On n'est pas aujourd'hui de cet avis; cru·on ne rê,·c plus que c·hcmins de fer, folie qui succèdü à d'aulres >. Et lorsqu'en 1833 on lui en montre« un petit échantillon aux Champs-Elysées, "il s'éctic: • Ce n'est que ça. li y a quarante-trois ans que je l'ai inventé •. Il en est de même pour Paris port de me,·. • S'il s'agil de quelque folie, dit-il on trouve des capilaux par cent millions. ;'\'a-t-on· pas proposé récemment aux Français la folle entreprise d'amener des vaisseaux à Paris ? • Yoilù cc que Fourier écrit en 1829. Or, en 1822, il regrette que Louix XI\' ait bâti• lo tri;;tü Yersaillcs • au lieu de cooslruire • à Poissy une ville d'e.rchitccturc composée, ·avec un po,·l ù

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