Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

HISTOIRE SOCIALISTE :m::, mentir; puis on me conduisail au magasin pour m'y fa(·onnc·r<lrbonne hrurr au noble métier du mensonge, ou art de la vente. Choqué des l1·id1crics et imposlt11'<'S qi.o je YOyf'is, j':i.llais. tirer it_ part If'\:m:, arcl1ands et les l··ur ~(•p·•tcr. L't.n d't>l'~. <lar.s où plain Ir, eut la maladresse clcme déeéh·r, cc qui rnc ,·alut une ample rc•,sfr. !\les parent", voyrnt que favais du goût pour la v{•rité, :,"(,{•ril'rent d'un ton d•' réprobntion : • Cel enlant ne vaudra jam.lis rien pour le commcrre .,. En drrt, je conçus pour lui une aversion secrète, cl je fis il srpl aus le snmenl que fit .\11nibnl à neuf ans contre Home: je jurai unr haine él('rnrllr,au comrnrrer. » Fourier arrange ici u_npeu son hisloir". La k-~sécest ('C'rlaincmrntauthentique, mais il transpose sûrement de quelques années les réfle,ions cl les sernwnts qu"cllc lui fit faire, cl se rait un mérite d'une de ces inlcrnp,·ranccs de langtg<' dont les enfants les plus ordinaires sont coutumiers. Il n'eu demeure pas moins qu'un tel accident, qui se hit enregistré dans l'esprit d'un aulr<' enfant au J11ê111e plan que les ordinaires corrections paternelles, devait raire u1w profonde impression sur celui de Fourier, ardent.et médilatir, cl y én'iller trop tôt la réflp11011. L'en rani annonce toujours l'homme par quelque Irait. l·n aulr,• eût Liréson profit de la fossée poul' apprendre désormais à mentir ronL1:rÛ111('nt, commcrtialemrnt. Chez Fourier, clic devait amener un résultat oppusé: elle choqua d'abord ,a logique; cl elle est simple et impérieuse chez tout curant, ~i vat'illantc que so.t encore sa pensée. Elle suscita ensuile le sentiment d'équitl', uu :,Î l'on Ycut d'lii.11 - monic, qui devait Jeporter à refaire le monde selon ce scntirnt nt. Son premier essai dalc du ll Frimaire an X 11. IJans un article assez court, publié par le Bulletin de LyM, il donne, sous le litre: 1/armonie wtiverselle, la sul,- slanre de sa doctrine. JI y inlcrpcllc les, grands hommes de Lous les i,ièclcs ,, le; « a,·cuglcs savants »: « Yoycz vos villes peuplées dt~mendianb, lrur criü-t-il, ,·os citoyens luttant contre la faim, vos champs de bataille, et toutes vos infamil's sociales.» D'où. vient le mal? Dccc que l'homme, créé par Dieu pour le bonh('u1>, s'est san:; cesse ingénié à contrarier cc décret pro,·idcnticl. C'est pour cela <1u'i1 C3l tombé de sauvagerie en barbarie, et de là en civilisation. « Les sa,·ants n'ont pas jugé digne d'attention l'allraction passioun<!e, qui mène à la découverte des lois sociales. Au lieu de réprimer les passions <t uo Dieu a mises en nous, et il ne pouvait vouloir notre mal, utilisons-les il en tirer notre bien. Que les hommes se réunissent selon leurs goùts, leurs sentiments, leurs idées, pour s'aider mutuellement à salisraire leurs passions, et l'harmonie naîtra de l'in• finie yariété des groupements, chacun d'eux s'étan, occupé à satisfaire un besoin. Voilà cc qui (( va conduire le genre humain à l'opulence, aux voluptés, à l'unilé du globe. » Chacun obéissant avec joie aux impulsions de la nùture, • Ill glol,e enlier ne composeraqu'une seule nation, n'auraqu·un~seule admini~tration. » Les hommesse sont pas égaux en besoins el en passions ; il ne s'agiLdùuc 1rns de leur proposer l'égalité pour but, mais la liberté. Tous les êtrés humains des deux sexes jouiront en fait de l'égalité sociale, puisqu'ils seront également libr"s de rechercher et de se procurer toutes les satisfactions. Fourier fait uppd ~u , Cbcf

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