Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

IIISTOIRE SOCIALISTE 303 payés de leurs mains. ~fois riesonl-cc point là mœurs <le ro1Hru(•ranl-;, et faisonsnous autre chose. en cc momrnt encore, en l ndo-Chinr rl ;\ .\ladagascar? D'ailleurs, l'échec devant Constantine, qui avait rait rappeler Clauzel, remplacé par le général Damrémont, ne doit pas faire ouhlier que crlui-lù avait [ail de son mieux, avec les faibles moyens dont il disposait. 13ugeaurl était alors, ou peu s'en fallait, l'unique champion à la Chambre de la <'0nquêle algt'riennr. Or les deux années pendant lesquelles le général Clauzel arnit élé replacé à la têt~ des troupes d'Algérie asaicnt vu s'élargir un peu le cercle èlroit 011elles étaient en[crmécs jusque là. Les combats de ,loslagancm, une cxpéditi011 dans la plaine de la ;\lilidja, l'occupation de Rachgoun, une expédition sur ~lascara, la capital,• d'.\bd-el-Kadc'r, avaient marqué l'année 183:i. _Carla paix avait été de courte durée avrc crlui en qui s'incarnaient IC"es poirs <lerevanche du monde musulman. Les Lraitrsd(' paix, cl nous sa,·ons que celui qui fut conclu avec Abd-el-Kader était plutôt une trhc tacite, contiennent toujours des articles prêtant à double interprétation que les parties s'accordent à y inscrire dans l'espoir d'en tircl' prétexte à un recours aux armes. En 1836 avaient eu lieu la première occupation de Tlemcen, une expédition dans la pro,•ince de Titery, le combat de la Sikkab, l'occupation de la Calle. enfin la malencontreuse expédition de Constantine, à la suite de lac1uelleClauzel avait Né remplaet< par Damrémont, que Bugeaud accompagna. Celui-ci lut fort utile au nouveau gou\·crneur, qui, sur ses conseils. nt'gocia la paix avec Abd-cl-Kader afin de pouvoir porter tout son effort sur Constantino et réduire le pays kabyle. Car tels étaient l'ascendant et l'acti,·ité du jeune rher arabe, pourtant chassé de sa capitale et vaincu en plusieurs rcneonlres, que l'on avait encore avanla~r à traiter avec lui, dans l'impossibilité 011l'on (>tait de le réduire absolument ou de le chasser de I' A lgéric. Le général Damrémont avait chargé le général 13ugeaud d'obtenir, pour quelque temps et au mcilleu; compte, la liberté de ses mouvements au sud-est. Bugeaud s'acquitta au mieux de sa mission,et le traité de la Tafna fut conclu avec Abd-el-Kader. Se conformant royalement aux usages diplomatiques, l'émir avait offert à Bugeaud un cadeau en espèces: cent quatre-vingt mille francs. Cela fit scandale en France, mais Bugeaud présenta adroitement sa défense en se couvrant du comte Molé. Consulté par le général, celui-ci l'avait en effet autorisé à accepter ce « cadeau de chancellerie. • )fais les ministres lurent moins coulants que leur chef, et en conseil ils refusèrent de ratifier la clause secrète du traité de la Tafna relative au « cadeau de chancellerie•· Forcé d'en faire son deuil, Bugeaud déclara qu'il l'eût réparti entre les officiers de son entourage et employé à la construction de routes en Algérie. Libre désormais d'agir, le général Damrémont préparait tout pour réduire enfin Constantine et, le 12 octobre 1837, il l'emportait d'assaut, échangeant sa vio contre cette victoire si longtemps convoitée. Lo général ,·atée, sor1 lieutenant, fut fait maréchal de France et lui succéda en qualité de gouverneur général.

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