2ï6 IIISTOIRE SOCIALISTE nestc manifesta lion d'insolidarilé avait été obtenue d'eux par les bons lrailcmcnls dont ils avaient été l'objet à la prison du Luxembourg, tandis que les Parisiens à Sainte-Pélagie cl les soldats de Luné,·ille à ('Abbaye ,·oyaient leurs geôliers changer en rigueurs extrêmes les menues fa\·cur:- des premiers jours. Il ajoute que Ici:; Lyonnais l'écalcitl'anls furent également mallraités. Cela est possible. :\lais il est certain que cc ne furent pas les adoucissements apportés à leu!' sort c1uidécidèrent ll's Lyonnais à accepter le procès. Ils YOulaicnl parler, crier la misère ouvrière cl les provocations d'un gouvernement dévoué aux fabricants. Cc motif suffit à expliquer, sinon à justifier leur déci~ion. L'attitude drs accusés a,·ait mis les juges en rnauvaise posture. Une faute dlS drfcnscurs ,·inl les en tirer. Une Jeure signée de Lous lrs déf~nscurs parut dans le .rational: celle lettre injuriait violrmmcnl la llaulc Cour cl se terminait par t<'S mols:« L'infamie du juge fait la gloire de l'accusé.» Des poursuites sont aussitôt ordonnées contre ks signal aires. "ichcl (de 13ourl(cs),qui a rédigé la lcllre, cl Trélat déelarcnl en prendre à eux seuls la rrsponsabilité, la signaturo des défcnocurs ayant été mis au ])as de ce document sans leur asscnlinwnl. ,lais cc nouveau procès permcllail de poursuivre des députés républicains. La Cour retint donc tous les signataires, rt demanda à la Chambre la levée de l'immunité parlementaire des députés inculpés, entre autres Cormcnin et .\udry de Puyraveau. En vain, de,·ant la Chambre, ,\rago é,·oqua le souvenir Je :\'ey frapp•· par la Chambre clrs pairs; la levée de l'immunité fut accordée en cc qui concernait .\ndry de Puyra,·cau. Cormenin fut ,'pargné. Le 20, l,audiencc s'ouvdt 8-Ur cc procès, grcfCé sur l'autre. Aucun des défenseurs ne désavoua la lettre. Les uns refusaient de répondre, les autres déclaraient que si on la leur amit présentée ils l'auraient signée. Quand ce fut le tour de Trélat, il interpella directement les hommes qui s'érigeaient en juges.• Il y a ici, dit-il, tel juge qui a consacré dix ans de sa vie à développer les sentiments républicains dans l'âme des jeunes gens. Je l'ai vu, moi, brnndir un couteau en faisanL l'éloge de Brutus. • Et il rappela« le serment de l'un d'eux, serment à la Répuhli<Jue ». JI regarda en facc«d'ancirns complices de lâ charbonncric,. li accusa ces révolutionnaires de )a veille <l"avoirmis la main sur Puyraveau, u le courageux député qui Je premier a,·ait ot1vert sa porte à la révolution •. Après lui, ~liche! (de Bourges) condamna sa tactique d'abstention, sans s'en douter, par la magnifique plaidoirie qu'il fit et que le grand procès lui eût permis de faire à chaque heure. Une dizaine de défenseurs furent condamnés: Trélat à trois ans de pri~on, ~1ichcl (de Bourges) et )Ps autres à un mois, sans préjudice des amendes dont Trélat, ~liche! (de Bourges) et les gérants du 1Y ational et du Ré/ormate11r curent la plus forte part : dix mille francs chacun, tandis que l'amende des autres condamnés s'abaissait à cinq cent$ francs et à deux cents francs. La Cour se remit au grand procès. Les Lyonnais furent admirables d'énergie. Rcvcrrhon et Lagrange surtout ne m{>nagèrent pas leurs juges. • Frappez, leur
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