Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

lllSTOIHE SOClALlSTE 267 Pour briser celle cou lilion, les fabricants se r,'unircnt en juillet el publièrent dans les joW'naux lyonnais un avis par lt:quel ib c;c B:oliclo.ri<;;aH.'lll t · roitNnenL ddnS la rt:sistancc aux mulucllislcs et aux ft•rranJinit\r:,; unis. Crl a Yi:, i'·lail ainsi rl•di~,~: " t ·n gr.,.nd nombre dr fabritaub ayant con-,idl·rt.'• 'Jlll' clonrn.. •J' dr l'ou, ragf' à un ou,-rier qui rdu:;r. par ::-.uitc de coalition illl·~alr, dt• travaillrr pour une rnai:::;on de fabrique, :;t•rail SC' rêndrc romplicc <le la coalition el n'!-.ponsahlt• du dommn~r mall•ricl causé ù ladite mo.isou, pol'lrnL ü la connai.:--;.anccdt>rcux de IP11rs ronfrl'r<•s qui poul'rairnt l'ic;norer, qu'ils onL pris entre eux l\•n~ag,•11tl'lll d'hornwur dP n'occuper aucun mëticr venant de tr::n·aillC'r1wur u11t'fal>riquPmi"ie pn intrnlil. 11 ~\u cornmencpnwnl de 1831. ll'Sou,Tie1-sPn pl'iuchn sonl aYis,~, d'une di111inu• lion de cinq Sous par aune. 11::. rt,ru... l..:'1ll d lüu:, les ou,-rirr:; d,, lu fabrique d1'·t'id(•11t, par un YOll' du Dc\·oir mrt/tl('[, dl' se sulidar·i~r'r avec rux l'l dt> {'t'~sPr pai-loul 11· t1·a,·ail. Les rC'rran<liniN·sront <·ausec·u1nnn111t'.a.n•.r. la grè,t•, tout ('Il prolc:-ilanl cont1'1' le raractt'rc g1•nfra.l de la <·<':..;~atiodnt' trav-uil; ils aurail'nt voulu qu'il continuât chf'Z ltl:=; falwicant:; qui payaÎt'nl lP tarir. .\lais le·s chds ù'alPlif'r a,·aif'nL ~ur le cu.•ur la <ll•claralion df'\juill•'l, t'l il:; voulail'nl tippnst")r à i'l'nlil'r<' (,'oalition patro• nait• mu' non moin!:)<'ntit'1\.c' oalîtinn on,Til'1'C. . \lors. pur la force dr:; 1·h0Sl:-"lt,>s rnulw•llbt"~, 'tui ::ieso11Lju~quïci inh•rdil 11•-; q11f"Stionspolitfr1ucs,sont contraints de voir qu<',s'ils rcfust1 nl dt) Jll's<'r sur la poliliqu(', la politique ne se d(•sinti!n':;:,e pas do ll'm' existenC'e t>l pl•s(\ ~ur PU:\.. Lu ~rèvc ayant arrêlé vingt mille 1m··tier:;,rautorité s'l'tail misü en rno11,·,•m!"n'.PL :-.i x <·i1 ·fs d'atelier :l.,·a.ienl étt• arrètL·s commr mrncurs de eoa.lition. El pour tuer la grèYl\ qui prit fin le 21 rt:•vrirraux ancif'nnc:; <·<.mditions?, P:-i rurs d,, Lyon avaienl éll! inond~cs de soldats. El Yoid qu·on prl'pa1\1Îl un(' loi sur il's a..;..;ot'ialionsqui rendrait C'ncorc moins pos~ible la dt•fense <le.-i;nlt•r\!ls de la t·o11wration. ~lalgrl; rcxpl'riencc tic JS.1L, ils s·étaicnl adrC'ssés au prl·f<."l(~a::.pal'in t'l lui avai<.'nt dPman<lé <l'inlt•1·,·enir. >lais an·rli par cc qui était m,·in: ù son prt'.•dérf'..;..;pur Dou,·irrDuino}Lu·d,-..•l tl'aillcurs pal'lisan d~s saine:, düdrÎnt's t•eonomiquesdu laisst"r-fairt\ il U\'ait refusé Loule autre inlcr,·enlion que celle <lessoldats pour mater les gré, i,Lcs el des tribunaux pour )C's juger. Refuser ,le louehcr à la poliliquc, alors qu'elle les heurluil si rudement, élail impos,iblc: les ou,-riers Je comprirent cl plus de 2.,,00 chefs d'alelie,· signèrent une déclaration dont voici le pussugr, le plus caractéristique: • « Les rnuluellisles protc;;tcnL conlre la loi liberticide des associations et déclurent qu'ils M courberont jamais la lêlc sous un joug aussi abrutissunl, que leurs réunions ne seront point suspendues el, s'appuyant sur le droit le plus in\'iolable, crlui <le ,·i,-rc en lravaillnnt, ils sauront l'é!Sislc-ra, ,·ec toute l'én<'rgie c1ui caractérise des hommes 1ibrcs, à toute tentative brutale-, et ne reiulcront Uè,·anl aueun sacrifice pour la défense <l'un droit qu'aucune puissance humaine ne saurait Jrur ra,·ir. » A cc mo1uenl, l_'éeonomislc Ch. Dupin leur ad!'cssait une de ces homélies ?ù il se complaisait, et qui invoquaient à la fois les dures lois naturelles qui inler-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==