Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

ll!STOinE SOCIALISTE 2'13 disent lC'Sproprit'laircsagril'olC's, « franchcmrnt dt;\·ow•s au gouvcrnrmenl », qui di'clarenl parler• au nom des intérêts de l'agriculture•· « ~ous av·onsbesoin de vjgncrons et non pa!'ide lcclrurs )),dil un vigneron du ~lédoc, auquel rait l'cho un bourgrois de GPrs <{UÎ s',;crit,.: tt ,-\u lieu d'allrr 1wrdrr leur trmps à l'école, qu'ils aill('nl curer un ro~s,; '. » Oan-;IC'~.\r<lennrs, « rrrlainf's prrsonnc:,distinguée~ par leur fortune... prèlcndrnl qu'il t'sl inutile de montrer à lire t\ des paysans qui doiYenl gagner leur pain à la sueur de leur front.• Leur pain, et la brioche des enfants de c~s «personnes distinguées•, pour qui s,•ub sont faite~ lrs écoles. Dans la Dordognc,on est• persuadè que Ir paysan qui M·passe un certain <lcgrt• dr rounaissnnccs devient un per~onna.goinutilr ,,. Dans la Drômf\ les familles riche"«:,craig-nrnLde. Yoir l'jnstructîon sr r(•pandr<'danl~es classrs pnuvrcs»; ri dans le Che,·, les ptopriétaires,•avanl tout amis de l'ordre rt dr lu paix, ne ,·oient pas gans înquiNude propngcr l'inç_lruction (·1,~mPntairc\surtout dans des temps où le, journaux pullulent ». Guizot, on le ,·oil, avait afrai.-c ù forte partie. Contrr l',;goïsme inintelligent des bourgeois qui formaient en somme sa majorit,•, il fit appel à la politique de l'Église. Il installa le prêtre dans l'é<:olc.Celte loi satisfaisait d'aillrurs si compliMmcnt Ir parti clérical que )lontalembcrt la ,·ota sans une critique. Eusèbe Sakerle avait proposé <Un amendement portant que des notions des droits cl dernirs politiques seraient données aux enfants. Crl amrndenwnt fut repoussé par Guizot, qui railla celle prétention dP parle,· de devoirs et dr droits civiques à drs bambins de six à dix ans .. \ ceux qui lui reprochaient d'avoir introduit dans l'école le prêtre, c'csl-àdirc l'ennemi de l'cnseigncmcnl, il répondait: IJ vaut mieux avoir la lutte en dedans qu'en dehors. Pour compléter les assurances données au clergé, le rapporteur de la loi, Henouard, indiquait que la place drs curés était tout indiquée parmi les délégués inspecteurs des écoles. " FrC,quemmcnt, disait-il, lrs conseils municipaux auront le bonheur de pouvoir confier cette délégation à une classe d'hommes qui ont pour mission spéciale de consacrer leur ,·ie à améliorer par la moraJc cLles lumières le sorL de l'humanit~. Vous avez tous compris, messieurs,quo j.-. signale ici les cur~s el autres ministres des différents cultes. • De son côté, Guizot donnait au clergé tous les gages pos.iulc,. JI plaçait, dans l'écdle, l'instituteur sous l'autorité du prêtre. El ces instituteurs, qu·on redoute comme <lPs" anticurés », l'expression est de Thiers, soyez tranquille; le curé saura les tenir.Cependant M.Thureau-Dangin estime que« la loi de 1833 leur avait donné trop d'inpépcndance • et qu'elle« avait aussi trop étroitement limité l'influence du clergé. • C'est la bonne doctl'ine de l'f:gtise, qui ne licol rien tant qu'elle ne lient pas tout. Les récriminations de 111.Thureau-Dangin, plus exigeant que Montalembert lui-mêmP, sont tout de même excessives et témoignent envers Guizot d'une injustice profonde, car le ministre fit tout ce qu'il put pour ligoter l'instituteur, dont il traçait en ces termes les occupations : 1 • Que fail,que doit faire le maitre d'école ?disait-il à la Chambre le2mai. Eol-ce

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