242 JiJSTOI RE SOCIALISTE qu'aucune loi n'a stipulé des obligations relatives au lait de salubrité et d'ombelJissement. Par exemple : qu'une ville achète et abatte quel<fueîlot de masures qui masquaient quatre rues... JI est certain que les quatre maisons des côtés adjacents ac<1uerrontbeaucoup de valeur ... Elles devront, en bonne justice, partage de bénéfice à la commune ... Cependant, aucune loi ne les astreint à l'indemnité de moitié du bénéfice obtenu. » La Chambre, exceptionnellement laborieuse dans celle session, votait en juin la loi sur l'instruction primaire, dite du 28 juin 1833, présentée par Guizot. Le problème était difficile it résoudre: d'une part, il fallait céder aux exigences du parti libéral qui avait tant protesté contre l'obscurantisme de la Restauration; d'autre pari, il ne fallait pas meure aux mains de la classe ouvrière un instrument d'émancipation aussi formidable, aussi puissamment irrésistible, que le savoir positif cl réel. La difficulté, cependant, n'était pas pour embarrasser un doctrinaire. Quoique protestant, c'est-à-dire par définition partisan de l'instruction populaire, il n'axait aucune hostilité contre le catholicisme, dont il appréciait hautement la fonction de genuarmeric spirituelle. JI l'avait déclaré en 1832. Sa loi lui donna l'occasion de lo prouver. La loi qui organisait l'enseignement primaire, jusque-là laissé à l'arbitraire des communes et des parlicolicrs, imposait dorénavant aux communes l'obligation d'entretenir des écoles publiques; les particuliers demeuraient libres d'ouvrir des écoles privées sans autres conditions que d'êlre âgés de dix-huit ans et d'être pourvus d'un certificat de moralité el de capacité délivré non par les autorités enseignantes, mais par le maire cLpar trois consoillers municipaux. L'enseignement devait comprendre d'abord le principes de la religion et de la moral~, ensuite la lecture, l'écriture, le calcul, les éléments de la langue française et le système décimaL Des écoles primaires sµpérieurcs étaient instituées en même temps. Quant aux filles, rien pour elles encore. De la gratuité, pas un mot, saul pour les enfants indigents cl sur un vote des conseils municipaux. De l'obligation, encore moins. « Forcer le père à mourir de faim pour inslruire le fils, dit Louis Blanc, n'eût été qu'une dérision cruelle.• Et il part de là pour• faire sentir combien toute réforme partielle est absurde, et qu'il n'y a d'amélioration véritable quo celle qui se lie à un ensemble de réformes constituant une rénovation sociale, profonde, hardie eLcomplète•· JI dfJ'·ait vivre assez, cependant, pour donner lui-même un démenti à celle thèse, caressée aujourd'hui encore par certains socialistes qui se croient révolutionnaires parce qu'ils méprisent les• réformettes•• et voter la loi de 1882 sur l'enseignement obligatoire. Dans leur intense désir d'opposer au mal qu'ils coiutatent le bien qu'ils proposent, les socialistes tombent dans le travers d'épouser les thèses, pessimistes jusqu'à la démagogie, des conservateurs, qui ne critiquent !e présent <100 par regret d'un passé pire oncore. Les récriminations entendues par les inspecteurs généraux de l'enseignement au moment où se discute la loi do 18.33 sont intéressantes à rapporter. « Quand Lousles enfants du village sauront liro el écrire, où trouverone-now, des bras ? •
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