236 IIISTOITIE SOC!AL!STE Celle décision fuL exécutée. La société philanthropique vida sa réserve el un atelier pour los chômeurs fut installé eLouvert le 3 novembre ruo Saint-Honoré, tandis qu'une cuisine étaiL aménagée rue des Prêcheurs cLdistribnaiL tous les jours la nourriture à plus de six cents ouvriers munis do cachets qui leur étaionL donnés à la permanence, rue do Grcn_cllc-SainL-llonoré, aujourd'hui rue Jcan-JacquesRousseau. ~Jais la plainte des patrons avait eu son cfrcl. La police fiL des perquisitions au siège des trois sociétés; la correspondance saisie établiL que les tailleurs de Paris •<'Laient en rapports suivis avec ceux de Tours, de Lyon, de Rouen, de Bayonne. On arrêta plus de deux cents ounicrs. La coalition patronale présidait i\ ces persécutions contre la coalition OU\'l'ièrc. L'avocat de la partie civile put railler en c~s termes, au nom des patrons, l'admirable effort accompli par les ouvriers: "Dans leur délire, ils sonLallés jusqn'ù publier qu'il n'y aurait plus de mailrco, el qUJ)l'on allait conrcctionncr des habits avec le seul mécanisme des associations, sans crédit, sans responsabilité cl a,·cc des hommes qui seraient égaux entre eux, ne recevraient d'ordtc de personne et cxéruleraient le lra,·ail comme bon leur sem• blcrail. Et comme il faut que le ridicule s'attache à Loule conception insensée, on a décoré celle-ci du beau nom d'Atelièr nalional de la rue llonoré, 99. • l'ious apprenons a,·cc plaisir, par cnttc diatribe enfiellée, quo les ou"ricrs, en attendant qu'ils pussent se débarrasser des patrons, s'étaient déjà débarrassés des saints que l'indi~alcur des rues d'alors multipliait presque autant que le calendrier grégorien. L'auteur de cc morceau achevé ne perdit pas sa salive. Jugés en plusieurs fournées, les grévistes furent condamnés à des peines variant de cinq ans à un mois de prison. Sur soixante-six accusés, vingt-deux seulement furent acquittés. Les trois sociétés ouvrières durent disparaitre, et croyant échapper ainsi aux patrons, les ou\Tiers, qui jusque-là travaillaient en atelier, acceptèrent les offres de., confectionneurs, et se mirent à travailler chez eux pour ceux•ci. Ainsi se reforma pour cette catégorie de travailleurs le travail à domicile. Ils y gagnèrent un instant d'illusion de liberté personnelle, qui ne put tenir devant la réalité de leur misère, eL ils y perdirent le contact mutuel qui leur permettait de se réunir et de faire corps contre J'cnncmi commun. Partoul,à cette époque, les sociétés de secours mutuels font officede syndicaL, se réunissant dans les moments déeisifs pour seconder les revendications corporatives. Ainsi font les cordonniers à Paris, à Lyon, à Marseille; les gantiers à Grenoble ; les tanneurs à Lyon, Marseille el Paris ; les maroquiniers et les charrons, les mégissiers et les chapeliers, et les tisseurs. Les syndics des passementiers de SaintEtiennc, affiliés à la société secrète des !\lutucllisteo de Lyon, ·dont nous aurons bientôt it parler, demandent aux patrons l'établissement d'un tarif pour en finir avec les diminutions successives des prix de façon. Dans leur appel, les syndics des passementiers montrent « la position malheureuse où se trouvent les ouvriers, position qui fait craindre de devenir de plus. en plus mauvaise ». Diontôt ils ne pourront plus y tenir. « Si c'était une position
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