Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

11ISTOTf\E SOCI.\LISTE pour les autres de mourir· d<'faim rn ~\;puisant il se faire con,·u1Ten1•e. Les mrmbr"-..; du bureau de là l'éunion où le tarif a\'ait été arrêté furent emprisonnés; on ne les relâcha c1uclorsqu'ils curent JH'orni" de dissoudr<' l'association forml'r et d1~rPmbuu,-ser lrs cotisa lions dt'jà Yersécs par les adhérents. Les tailleurs de Paris, eux aussi, avaient organisé des socidt•s dl" s('cours mutuels qui étaient de véritahlcs syndic-ab, cc <1uileur avait prrmis 1m IH:;2.aprè:; uni• grt•,·c générale de quinze jours, d'obtenir une augmentation sur 1('!'pt rix dt.l f;,.1t;o11, qui n'avaient pas varié depuis 1S25. lis avaient déclart! leur ~r&,·i' t:n novrmhl't.'. dans un moment de presse. Les patrons, surpris pa1· la soudaineté du mou,·enwnt. ,nanquanl de l"ernps pour se conr<'rlcr, a,·aicnl dû céder. Ayanl éproun• ainsi ll'ur fore(', les ouYricrs cnlreprJrC'nl de la con.-,olider, tant pour assurer les ré::;ullal.soblcnu:s que pour rn conquérir cflautr,)s. Troi:-isoeil;lt:~ d,~ )jfcour::; rnulucls quïl::, Yenaienl de fonder, la Société philanthropiquP clh OU\'ri,•r..; tailleurs, la.Soci{•ll'de l'.\iglc cl la Socil.!lé du Progrès forml'rent unt• eonunis:-.ion centrale. Quand ils se crurent, surfis::unment rn force, ib :-,(' mirent <•n grè\'e dan-; lous lcs ateliers ù la fois dans lrs preruicrs jours <l'octobrP en drmandant 2 fran1·-; de plus par pièce cl une augmrnlalion de ;lo C<'nlimt.?s pour lrs OU\'rier:,, ù la journt'·r. )Jais les patrons, celle fois, ne furent pas pris au dépow•,·u .. \u lrndrmain d1.\ la grèn~ de l'année pN:c(•dcnle, il._~·l'laient réunis cl a,·aient conclu un at·cor<l:;li• pulant une amende de J 000 frant:-, pour celui d'entre eux qui acror<lcrail unp aug• mcntation ù S<'3 ou,-riers. Leur moyt\n de l'lh,islance rut d'ailleurs am,:,,Î::,Împle qui~ cynique. lis cl(,posl'renl une plainte ronlrc la commi:;.-,ionou,·rière, ,·oupablr du délit de coalition, el six d'entre les coalisés bourgeois se portèrent partiec-i,·ile C'0nlrl' les coalisés ouvrirrs. Louis Blanc, qui mentionne cette grèv(', donrn• le texte clr la décbion adoplée dans une réunion de la Bolonde, à la barrii-re du ,\laine, par plus de trois mille griYislcs : • Considéranl, dit cel ordre du jour. que. par une circulaire du 28 octolm, courant, les nrnitres laillcurs ont <.'lt' in,·il(•s à se réunir entre eux pour s1ent('ndr~ contre les ou,-rie1'S; que, par suite d{' rcllC' coalHion autorisée par la polie<\ plu• sieurs ateliers de maitres laillcm'S ont l'lé fermés, l'assemblé<' arrête les mc:;urrs ci-après: 1° La Société philanthropique des ou,-riers tailleurs ,·ote à l'unanimil!' qu'elle mel à la disposition de son conseil les fonds de la société, pour créer un établissement de travail; 20 JlétablisscmcnL ne vcodra,strictemcnt, que le prix courant de la marchandise, prise de première main; 3• le conseil de la Société philanthropique réglera les intérêts de l'établissement, et des mesures seronl prises pour en faîrc l'ouverture avant Ja fin de la semaine; 11° les ouvricr'S sonl organibéS par corn• pagnie de vingl pour la distribution des secours qui leur sonl nécessaires; dans chaque compagnie, les ouvriers de crllP corporation pro,·isoire se nourriront à l'instar des militaires. Les ouvriers travajllant thez les maitres dont l'ouvrage ne peul éprouver aucune augmentation s'engagent volontairement à apporter Jeurs ~ons, par versement fixe, pour les ouvriers sans travail.,, '

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