Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

JIISTOinE SOCIALISTE 233 raient des droits uniformes. Ils \'Oulurent que ... les pratiques barbar,,,. le port drs cannes et des couleurs, les cérémonies mystérieuses des chants agrrs">ir-.; fussent ù jamais abolis parmi eux ... Des groupes se formèrent sur le pied de l'égalité cnlr,' professions analogues ... Des syndics rcmplarèrt'nt les rouleurs sans ronser,·cr Je droit de prélever à leur profit un tribut d'embauchage; mais une gralifiralion proportionnelle à la perle de leur temps leur fut allouée sur la caisse commune.» C'est ù cc momrnt que la société des scrrurif'rsde Lyon se forme ct.1111nlC un Yérilable syndical. ,\Jais quantité d'ou\'riers n'avaient pas attendu, pour se grouper, que le compagnonnage s'élargit. De même, pour se mettre en grèvr ou pour manifcislcren troup9 leur mécontcntcmenl, il n'était pas nécessaire qu'une association <1uelconque les _réunit. La souffrance du moment les réunissait spontanément, el la répression, toujours implacable, (sauf à Lyon en 1831, et nous a,·ons ,·u pour quelles raisons) les dispersait et les faisait renlrer clans l'ombre. :'\ous ayons dit Je mouYcmcnl des ouvriers imprimeurs, en août cl scptf'm• bre 1830, con lre les machines.11 y en aura encore, de-ci, de-là, dansd'aul res profession~ cl pour les rnêmcs motirs, mais ces convulsions n'auront jamais la gravit,>qu'elle ont eue en Angleterre quelques années plus lôl. En 1831, les ébénistes tentent, sans succès, dC' briser les madtincs à débiter le bois. L'année d·rnsuilc, les ou,-rier.srn papiers peints de la maison Dauplain, qui vient d'adopter une machine irnport,'e d'.\nglctcrrc, s'ameulcnl, lancent des pierres en rriant: .\ bas la machine! Di-spersés rudoment par la police, ils se réunissent il la barriè,·e de ~lénilmonlant et décident de mettre la maison Dauplain en interdit pour trois ans. ~lais la machine est la plus forte. Quant aux grè,·es proprement dites, les plus importantes pour !"année 1833 sont celles que nous avons énumérées plus haut. Suivons-les rapidenwnt, dans leurs chances diverses, et dans leurs résultats ultérieurs. La grè,·e des mineurs d'.\nzin fut une véritable ,•meule, une émeute de la faim. On ne peut trouYe1·une autre expression lorsqu'on sait que de lSlï ù 1833 les salaires axaient été réduits d'un cinquième. En \·ain, les ouvriers, en 182i et en 1830, avaient tenté de s'opposer à ces réductions successives d'un salaire qui. finalement, devait tomber au-dessous de deux francs. Les grévistes de 1833 demandaient une augmentation de vingt ccntUUes,cc qui fil surnommer leur mou\·cmcnt « l'émeute des quatre sous ,).La grth·c avait été violcnlc,à la mesurede l'exaspération ouvrière. Le tribunal de \'alencicnnes frappa quelques-uns de ces malheureux, car la loi était formel!~, mais le président Lécuyer ne put se tenir de dire aux accusés, au moment dc·prononccr son jugement: « La plupart d'entre vous Y01lt être rendus à la liberté; tous cependant ne furent pas exempts de reproches; mais les motifs d'indulgence pom· les coupables furent pour vous, dans le doute, des moyens d'acquit.lemcnt... Toutr.sles autorités forment des yœux sincères pour l'amélioration de votre sort; la voix de l'humanité ne tardera pas à se faire comprenJre; les riches propriétaires de mines ne peuvent pas. être vos tyrans, non, ils ne peuvent l'être; un titre plus digne leur est réservé;

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