208 li lSTOI IIE SOCI \LISTE un ronrcrl, « l'cnlhou,iosme n'eut plus de borne,•• dit Eugène de ~lirecourl, peu lcndre cependant aux sainl-simoni ens, mais A,-ignon, métropol e du fanatisme politique cl religieux,« les rc('ul a,·cc des clameurs et des huées. Une population furieuse, celle qui dix-sept ans plus lôt avail •'gorgé lo marécha l Brune, armée de couteaux, les entourait en proférant des menaces de morl... Leur fière attitude fil baisser les couteaux; la foule pa•~a de la rage à l'admiration. » A ~forscillc, le jour de leur embarquement,• toul le peuple• était sur la rade. On a,·ail, la vcillt', salué le d(lpart de Félicien Da,·id rt ses amis • par une magnifique et derniè-rc ovation ». Rendus à lrurs destinées industrielles, les sainl-<imoniens appliquèrcr\l à leur fortune les admirables qualités que l'cxnllalion rcligiruse les av ait empêchfs de ,·onccnlrcr sur la rtformc sociale. On sait que la plupart d'entre e ux occupèrent de hautes situations dans la banque, l'administration, l'induslrir. Ma is, de leur œuvre, que rc,tera-t-il? Et leur enthousiasme d'une heure pour une doctrine qui inspire pour une si grande part la pensée socialiste d'aujourd'hui, comment s'est-il traduit dans 1,•urs ocles ultérieurs? Force C!;l biPn dt l'N'onnaître que la rréalion de Ja haute banque, des chemins de fer, le libre échange relatif Pl la <'OO\'Crsiond,• la renie S<'fussen t accomplis tout au~~i bien par d'aulrl's que par des sainl-simonirns, pu isquc nul d'entre eux, saur un de leurs disciples, Ferdinand de LeôSeps, no songea.dan, le, gr andes entreprise, d'ordre capilali,te qu'ils dirigèrent. ù fair<' participer dircl'lcmc nt ses collaborateurs ouVl'iers aux progrès gé•néraux qu'il réalisa cl dont il tira pr ofil et honneurs. Il faut cependant Je dire bien haut. ù l'honn,•ur de la doctrine, comme d<' loull" doctrine qui (,1 1 \vl" IC'shommrs au-clegsus d'eux-mêmes et les voue à une Cl'u\"rr qui <ll'pa~~tl ïnlérêt individuel : Tant qu'il la proft>ssèrcnl, rl•unis autour de Bazard, Rodrigucs el Enfantin, les saint-simoniens furent purs cl dè,intére:;'-t•~.~lêrnc lor:,qu'ils poussèrent la divagation mystique jusqu'à • l'émancipation ,h• la rho.ir » la plus absolue, ils vécur('nl, hommrs cl fr1nmc~. dans une am~ll' - ril{• <Ir mo,urs irréprorhablr, cl ln plus étroite critique bourgroisc ne put trouvrr :1 rrpr,~ndrr- dans leur conduite. Leur o..sso(·ialionful ric:hc. un moment, dr:-; sousc1·iplions cl drs dons qui arfluairnL de loulcs parts; or, Lou$ donnèrent, aucun ne reçut. Et nul nr contredit Hodrigucs quand, dans sa défense de,·anl le jury, il s'écria: • L 'nr<'u.•nlion pourrait dire quo nous nous sommes escroqués nou:-i-rnêml"~,qur nous uous bOmmP~ruin(·s, que pas un de nous ne se lroun' dans une position égale à cellr qu'il aurait pu conserver dans le monde,» Ce témoignage, l'accusation le rPndit it Lous en rcnon~ant à les poursui,•re pour captation d'héritage et pour cscroq ucric, comme on l'a,·ait tenté lorsque des poursuites furent ordonnée:;. Pour la doctrine de Saint-Simon, elle-même, additionnée de la criüque économique, social<' Pt morale de Bazard, de Barrault, de Michel Che valier, et débarrassf.e des végétations rlfricales et mystiques d'Enfantin, qui fu t trop enelin à les greffer sur le • nouveau christianisme, du fondateur, qu'en l'elle•t-il? Une vue
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