Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

11ISTOJ HE SOCI.\LISTE impr1'""ion s11t· l'assi~tanc('. lrl's no,nbrcu-ïe, Laml', C.lapcyron. anricns amis d'Enfantin St,>pharwC't Eugl\nr Flachat, Emile Pereire enfin, préparaient le projet de <."h1 1111i11 dr frr lh"' Pa ris à Saint-Germain. « Cc fut, là, dit Laurent,' devant le rerc1wil d'un r,h·rur qui s'appelait Talabot, qu'eut lieu la rrcmièrc rencontre drs inf!,-•uiPur:; <'l dt'::; financier$ dcslinés à tenter Ir p,~rmirr c~..,ai<le voies ferr,•es dont 1,~ (,'f,,hr avait «Ionné Ir plan gt.'.·nt'ral. » Les affairr~ sont les affaires. ,\ quelques jout:-i dt' l,'1, Baz,1r,Imou rait, rt Cfrilr Bazard (•rartait la« famill<' » de ~es obsèques. Le JH'u(·i·s rut un<>dfreption. Les :;aint-simonirns ayant déclar,• vouloir pr(,- sr>ntrr eux-mêmes leur défrnsfl, le puhli(' atlendait d(' ces hommes ,~loquenls les di•wours qui r<'ndaicnt si pa~-;ionnan ls les procè<; de rt•publicains. Simon, Lambrrt, lf11!,;trin, lfoarl, Bruneau, d'f~ichthal rt Higaud, a.s.-;isau banc de:; avot~ts. lfur ~f\t'\·ail'nl de cOn'-rÏJs. Les préYcnus élairnl Enfantin, Olindc Hoclrigue::;. ~lichcl CheYalier, llarrault. Duveyrier. Uirn que la captation d'héritage cùt été écartée, l'acte d'accusation la mentionnait, manO'U\'J'C :;,•éléralc dcstînéc à imprc!-sionrn•r Ir jur~·. L'avocat général Delapalmc, inlcrpcllé par Enfantin, répondit qu'il n'y avait lù qu'une c( rrrcur de copi::-lP 11. l~trangc erreur qui se reproduisait dan~ toutes IPs pières de Jïnslruction! . On lançait donc l'imputation et on leur refusait de s'en la,·cr par la production de leurs t,•moins. Ils n'étaient plus accusés que d'avoir outragé la morale publique dans leurs prédications et formé une association s'occupant« d'objets religieu,. politiques et autres"· « Et autres», c'étaient les théories d'association, la supprc,sion de l'héritage, le programme social. Le président n'avait pas trou,·é de mols pour qualifier ces« objets», qui demeurent la gloire du saint-simonisme et !,Ont inscrits aujourd'hui dans la conscience de tous les socialistes de l'univers. « Et autres>), ce n'était que cela. Rien, en somme, pour un magistral de LouisPhilippe et de la bourgeoisie régnante. Rien ? Non, mais bien plutôt tout: la cause même, innomm éc et redoutable, des poursuites entreprises contre ces novalru1·~. Enfantin était accusé d'avoir écrit, et Michel Chevalier d'avoir publié dans le Globe. un article intitulé: « Extrait du cinquième enseignement de Notre Père Suprême Enfantin sur les relations de l'homme et de la femme »; Duveyrier, d'avoir écrit et publié dans le même journal un article intitulé:• De la femme"· Appelés à la barre, les témoins cités à la requête des accusés demandèrent l'un après l'autre il Enfantin, qui refusait, l'autorisation de prêter serment. Le président les fai~ait se retirer à mesure, sans recevoir leur témoignage. Les accusés protestèrent, déposèrent des conclusions; elles furent ,·ejetéesparcet all<'ndu capital el qui met il nu le vice organique de l'obéissance à la« loi vivante" qu'affirmait être Enfantin:• Que le serment est un ~cte libre et qui doit émaner de la seule volonté de celui qui le prêle. » Seul Baud put témoigner: il affirma sa vénération pour le Père Enfantin et sa participation active à l'œuvre commune. La parole fut ensuite donnée aux accusés et à leurs conseils. Rodriguester.

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