Eugène Fournière - Le règne de Louis-Philippe : 1830-1848

186 HISTOIRE SOCIALISTE leur avis sur la crise ouvrière, l'hérédiLé de la pairie, l'insurrection de Lyon, enfin s'attirer par leur propagande toute pacifique la haine d'un gouvernement ennemi des idéf>s,haine qui se traduisit le 22 janvier 1832 par des poursuites pour inlrac• tion /t ln loi sur les associations non autorisées. Avant de rendre romplo do ce prorès, où l'on tenta vainement de déshonorer la dortrirrn en repr,•sentnnt lrs saint-simoniens comme une congrégation attentive à capter les héritages, il est nécessaire de montrer le saint-simonisme en fonction de propagande, en élaboration d'icl(-csdepuis lo lendemain des journées de juillet jusqu'au moment do leur proscription. Ln rfrolution avait eu ce rl'sult.al que le saint-simonisme, jusque-là cnlcrmé <lnnsles salons de la rue ~lonsigny, s'était répandu sur la place publique, non pour y faire de l'agitnlion, mais pour prêcher à tous la nom•clle parole .• \u,c llippolyle Carnot, Ed. Charlon, d'Eichlhal, ~liche! Chevalier, Laurent, Cazeaux, Transon, Ress~guicr, Percin, Ch. Duveyrier, Buchez, Isaac Pereire, vinrent se joindre des propagandistes ardents, instruits, qui permirent bientôt de créer simultané• ment neuf• enseignements •dola doctrine,• les uns publics, les autres consacrés aux membres do certaines proCcssion.,particulières. • L', enseignement rentrai», avait lieu rue Taitboul, tous les jeudis, cl comprenait • un coup d'œil sur l'avenir réservé à la soriété, la mission de Sninl-Simon eL celle de Resdisciples, l'historique rapide du d6veloppemcnl de l'humnnilé, • cl de plus • l'histoire de l'industrie • el l'éLudc des • bases de son organisation dan., l'aven.ir •, les • vues de la doclrino sur la science • el • la législalion considérée comme moyen d'éducation•· Cel enseignement était donné par Carnot et Dugied, directeur'!, et par Guéroull, Lambert ol Simon. L' « enseignement de l'Ath6néc •• divisé pour les matières à pou près comme l'enseignemcntcentral,ét.ail donné tous les mercredis soir à huit heures, par Simon, directeur, assislé de Baud, Guéroult, Benoist, Ribes et Masse!. Dans lo même local, l'après-midi du dimanche élail consacrée au lroisième enseignement, où l'on choisissait comme lcxte • quelques-uns des articles principaux du Globe, tantôt une question de politique•. Cel enseignement, loujourssuividediscussion publiqu,,, étaiL dirigé par Simon, aidé par les membres de divers enseignements. Au quatrième enseignement, qui se donnait rue Tarannc, on n'était admis que sur la présentation de caries distribuées au siège de l'as.sociation. • Les dillércnts sujets de la doctrine• y étaient traités• scion les besoins do l'auditoire ,,_ Le cinquième cnSl'ignement qui se donnait tous les lundis soir àl'A.thénée avait ce même caractère, mais était publie. Dans la même salle, le samedi soir, le si,ième enseignement élail destiné• aux homm,,s qui •'occup,,nt de l'étude d,'<!scicncts •· Rue Tailboul, tous les lundis soir, on s'adressait au-.: artistes. Le musicien Lislz y participa; également Henri 1/rinc, mois il no fit que passer. Lo g~niedu poète Hnil trop essentiellement révolutionnaire el négateur pour se complaire à ces lâches de rcconstr'uction systématique,ct son esprit trop ironiquement crit.ique pour s'inrliner devant une religion nou,·clle aulremeot que pour la voir de plus

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