JIISTOJRE SOCIALISTE 167 complot ré,·élait son avorlcmcnt dans des circonstances curieuses, et vraiment puériles, qui excitèrent conlrc la police une risée universelle. Car sa main maladroite apparut avec une telle é,·idence que ses chefs durent avouer le rôle misérable Joué par elle dans ce qu'on a appelé le complot des Lours!\'olrc-Dame. Le 4 janvier, dans l'après-midi, les Parisiens n'avaient pas élé peu surpris d'entendre le bourdon de Nolre-Damc sonner le Locsin.Les passants, attroupés sur le parvis, se demandaient où pouvait bien avoir éclaté l'incendie signalJ d'aussi insolite façon. On se précipite, agents de police en tête. Dans l'escalier, la police est accueillie par des coups de pistolet qui n'atteignent personne. On se saisit sans beaucoup de peine des• insurgés•• qui avaient donné le •signal• à une insurrection absente. Un des conjurés, Considère, fut arrêté au moment où il tentait de mettre le feu aux charpcnles. La machination policière, où quelques républicains nalfs avaient été entraînés, fut si évidente que, sur huit accusés, cinq furent acquittés. Le complot dit de la rue des Prouvaires disposait de moyens plus sérieux, étant organisé par le parti royaliste. Si comme le précédent il n'eut pas d'agents de police parmi les instigateurs, du moins y en eut-il pour le déjouer. C'est le sort de tous les complots lorsque l'opinion publique ellc-mêmo n'est pas en conspiration avec eux. Dans la nuit du 1" au 2 février, des chefs de groupe, qui avaient à leur disposition une force insurrectionnelle de deux à trois mille hommes, se rfonissaicnt pour donner le signal d'un mouvement qui de,·ait se diriger d'abord sur les Tui. !crics, où un bal réunissait les ministres eLles chefs de toutes les grandes administrations. C'était un coup do filet admirable. Qu'étaient ces chefs de groupe? Des agenls secondaires du parti légitimiste, profondément inconnus, qui depuis quelques mois parcouraient les quartiers ouniers si durement éprouvés par la misère, cl, en y semant de discrollcslibéralités au nom de la duchesse de Bcrri,rcc,utaicnt une petite armée parmi les anciens domestiques, les artisans réduits à la famine par la suppression de l'ancienne cour,lesouvriers aigris par le chômage. D'anciens gardes du corps, quelques sous.officiers et garde-chasses formaient les cadres de la petite armée carliste qui d,waiLsurgir à l'impro,-istc dans la joio tempérée d'une fêto officielle et ramener Charles X aux: Tuileries. L'affaire était dangereuse, les conJurés ayant le nerf de la guerre, qui manqua toujour. aux républicains dans les entreprises du même genre qu'ils tentèrent s; fréquemment. Aussi Henri Heine, parlant du complot de la rue des Prouvaircs, en disculpc-t-il plaisamment ceux-ci;• car, fait-il, ainsi que me le disait dernièrement l'un deux: « Si lu entends rapporter qu'il y a eu de l'argent répandu • dans une consriration, tu peux compter qu'aucun républicain n'y a trempé •· Et l'auteur de la France ajoute ccLéloge: « Dans le (ail, cc parti a peu d"argent, car il se compose principalement d'hommes désintéressés». Ce n'était pas un r(•publicain, en effet, cc Poncelet, un bol!ier qui s'était sur.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==