Il ISTOinE SOCIALISTE 129 pas moins ses exigences envers le pouvoir. Celle r,h·olulion (•(ail la sienne, cl elle n'entendait pas plus se la laissrr conflsqu(•r par l1• roi qu'1•lle avaiL !ail •1u'en parlal("r les profits a,·ec le peuple. Ellr l'a,·ail 111ontri'•lor,- de l'a!fair,, d,, rroix (ICjuillet, où elle consentit bien à mainleni,· l'ordr" dans lu rue, mai~ où son allit ide contraignit le rninisthc à dispenser les ùécon:s du S+'rmrnl. Elle le montra de nom·eau en l'obligeanL à prop,her l"ahrogatinn dr l'artil'le 23 de la charte qui mainlenaiL l'hér(•dilé de la pairie. C'était rl,'j;",hicn a--rz pour , llr que le trône fût hi•rédilaire, sans que les membre.,, de la haute a,,,,mbl,·P !,• fu--en• nussi.Co.~imir Pl'l'Ît1rse rt'~ignach1 mauvaisC"gr;_lce àdéposerIrprojet d,·loi qui uhrol(cail cet arlidr, emprunté par la Hestauralion il la constitution anglai,e. \ wai dire, l'bérédilé.de la pairie avait un sens dans celle-ci, il n'en avait aurun tians la nôtre. Les révolutions anglaises avaient Né de successifs compromis enlie l'aristocratie terrienne et la bourgeoisie grandissante, tandis que eclle révolu lion-, i an i · été faite directement contre notre aristocratie au profil d'une bourgeoisie r,'solue à exercer seule le pouvoir. Parmi les députés qui se prononcèrent pour le maintien de l'hfrédit,•, Thiers, Cuizol, Royer-Collard figurèrent au premier rang. Dans son JI istoirede JJix ans. Louis Blanc démontre aux Rémusat el aux Odilon Barrot, aux Sah·nte et aux Lafayellc, qu'ils commellent une inconséquence en louchant au principe de l'hér,'dilé. Si l'on MlruiL celle de la pairie, que devient celle du trône ? • Quoi! leur dit-il, vous ne comprenez pas que la ro~auté a be,oin, pour vivre, d'avoir autour d'elle une classe qui ail le même intérêt, ou si ,·ous ,·oulez, le même pri,·il,1ge à d<'!endrc ?... Sachez-le bien, la Ht'publique esLau b•>ulde ,·otre sy,li·me. • Ell1\n'était pas au hout, mais au fond même. Louis Blanc rui:tonnc o11,m1' ~i la logiqm• de,·aiL gouverner les actions des classes au pou,·oir ou ,•n lutte pour le pouvoir, alors qu'elles sont obligées de s'accommoder de toutes l1·, ronlradit'lions que leur imposent les faits, contradictions d'aillPurs apparentes. Cc n'était pas en vain qu'un principe nouveau, le principe d'égalité, avait été proclam,• quarante ans aupara,·anl. La !orce des choses contraignait la bourg,•oi,ie lriomphanh• il lui ,·encire hommage: l'hérédité du pouvoir politique ne dùL-clle avoir pour bénéficiaires que des füs de la bourgeoisie, celle bourgeoisie ne pouvail l'accepter. L'hérédité du pouvoir économique, moins apparente, lui suffirait; elle choquait moins le sentiment commun, tout en lui assurant la réalité du pou,·oir politique. Lorsque Louis Blanc demande si ceux qui voulaient abolir l'hérédité de la pairie avaient • compris qu'au nom des mêmes principo.s on leur demanderait l'abolition de l'hérédité dans l'ordre social •• il laiLœuvrc de logicien pur. Il est certain que celle logique csL irrélulable et qu'il n'y a aucun ari:umenl valable , conlre la transmission des fonctions publiques, qui ne soit applicable dans un pays où la richesse donne exclusivement droit aux plus hautes !onctions, el où l'on n'est député que lorsqu'on est riche •· Mais il oublie que jusque là le principe· de l'hérédité des biens n'a encore reçu aucune alleinte sérieuse, tandis que celui de l'hérédité politique a été prolondé·
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