Ill TOI BE SOCI.\LISTE 10·, dcmmcnt gagné le large, cl tout rentra pour un temps dans le calme. En 1<"'2ï, même, un concordat ayant été passé entre le roi Guillaume el le pap•' L,'on .\J 1. les catholiques belges parurent se rallier au gouwrnemcnt. .\lais si la Belgi<1ucétait catholique, elle n'était pas rlfricale a,·,,,. la mê111e unanimité. Les Ilcl~l18 libéraux, qui dcvairnt leur l'dtH'ationpoliti<1u" ù la Hl'n)· lut ion française cl qui souffraient autant cl plus qm, leurs ,·<11npartiot.-, de la domination orangiste, n'a\·aicnl aucun motif de dé~arm<'rH. h.luits à leurs :--pu(c:, forc<•s. ayant en face d'eux un élément catholique prêt ù S<' rallierau pouvoir moyf'nnnnl de sérirusC'sconcessions faites à l'esprit clérical el consf'n·at('ul'. il~ ni' JHHIYflÎPnL rirn. c,,,t de la France que Yinl le secours. Cc rut une id,'e française qui p<'rmit i, la Belgique de s'unifier.« Dans le parti catholique, nous dit ~I. Seignobos. quelquesuns des chrfs politiques venaient d'adopter une nou,·t1llr dof'lrü1e inspirt~l'-.urlout par la lecture de Lamennais.• Cc rut le jeune comte Félix de .\!érode 1p1iln,r po,·ta la nouvelle doctrine. Il était, comme nous J'avons vu p1us haut. un d,,.., 1nt'mhr1's les plus arlifs du petit groupe qui dcYait fonder l'Avenir en 1830. ".\u lieu M rej<'· ler la liberté condamnée par le J1tgement doctrinal des én,ques en !Sr,. il, la rèr-la• maient comme laYorable au triomphe de la ,·frilé catholique. Ces catholiques libéraux ne furent pcul-êlrc pas très nombreux, mais ils prirent la diretlion du parti et décidèrent l'action commune avec les Jib(:raux. » Dl's lor:, il y cul une cxprf'-.~ion de la nationalité belge, et en 1828 les deux partis unifiés sous le litre de l'Cnion , ntrèrent résolument en lullc contre l'hégémonie hollandaise. Le 25 août 1830, à l'issue d'une représentation de la .1/aelle de Portici où s'étaient exaltés leurs sentiments patriotiques, les Bruxellois se soulernicnt en criant: Imitons les Parisiens! Ce ne rut d'abord qu'une émeute aux chances incertaines, ravi,·éc el surcxcit~c par les alternatives d'h1'silalion et d'énergie du gouvernement hollandais. L'agitation parisienne, les encouragements qu'elle donna aux Belges autant que son exemple allisèrcnt celle rlamme ,·acillante cl, malgré la résistance de la haute bourgeoisie qui se fût contentée de l'autonomiü adminis· tralivc, l'incendie révolutionnaire déli\·ra tout le pays de la domination ëtrangè-rc. Il y cul dans le même moment une tentative d'agitation en Espagne, où les troupes de la Restauration, sept ans auparaYant, avaient rétabli le pouvoil· absolu de Ferdinand \"I~. Elle rut noyée dans le sang des libéraux victimes de la duplicité de Louis.Philippe. Fidèle à son principe absolutiste cl aux liens de Canullc, Ferdinand \'Il avait refusé de reconnaitre le roi des barricades de juillet, cl même publié un manifeste qui mortifia profondément celui-ci. Pour se Yenger de ce• coquin» bon à« pendre», Louis-Philippe mit à profit l'entente étroite qui existait entre les libéraux français et leurs coreligionnaires espagnols réfugiés en France. Les ministres, Guizot el ~lontaliYeL notamment. entrèrent dans leurs plans, leur fournirent des armes el de l'argent. Les préparatifs d'une expédition furent faits ouvertement à Bayonne, où s'étaient concentrés bs réfugié, espagnols. 13icnentendu, el c'est ce que voulait le cauteleux Louis-
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